Sido (1930), court récit autobiographique de Colette consacré tout entier à l'hommage tendre et sensuel qu'elle rend à sa propre mère, surnommée Sido, femme d'une vitalité et d'une sagesse naturelle exceptionnelles qui a profondément marqué la sensibilité de sa fille par son amour passionné de la nature, des animaux et des plantes de son jardin bourguignon, transmission d'une sensibilité au monde sensible que Colette revendique comme la source première et fondamentale de toute sa propre œuvre littéraire consacrée à la célébration des sens et de la nature. Colette y déploie une prose d'une sensualité et d'une précision descriptive exceptionnelles pour restituer l'enfance heureuse et sensorielle passée aux côtés de cette mère hors du commun, dont l'indépendance d'esprit, le franc-parler et le refus des conventions sociales de son époque ont directement inspiré et façonné la propre liberté d'esprit et l'indépendance revendiquée par Colette tout au long de sa vie et de sa carrière littéraire ultérieure. Ce texte, qui mêle constamment évocation nostalgique de l'enfance bourguignonne et réflexion plus large sur la transmission maternelle d'un rapport sensuel et amoureux à la nature, illustre parfaitement l'art de Colette pour transformer l'observation la plus concrète et la plus sensorielle du monde matériel en une véritable célébration littéraire de la vie et du vivant sous toutes ses formes. Par son hommage sensuel et tendre à la figure maternelle et sa célébration du rapport sensoriel à la nature, ce texte reste l'une des œuvres les plus personnelles et les plus admirées de Colette. Colette dédiera plus tard un second texte à sa mère, incorporé dans le recueil La Naissance du jour, preuve de l'importance centrale et durable de cette figure maternelle dans l'ensemble de son œuvre autobiographique tardive. Ce texte reste aujourd'hui l'un des plus étudiés de Colette pour la finesse de son observation de la relation mère-fille.