Depuis deux jours, le Southern Pacific roule dans la poussière. Avant-hier, c’était encore le domaine du coton et de la canne à sucre. C’étaient les grands arbres avec les lianes et les lichens gris qui donnent aux paysages de la Louisiane une si intense mélancolie. C’étaient les flaques d’eau sous le feuillage et les rives dorées des « bayous » où les alligators se chauffent au soleil. Puis la végétation s’est faite rare et le bon sourire satisfait a disparu sur les visages nègres.