Scène VI
M. Bassinet.
Bonjour, docteur…
Lui ! que le diable l’emporte ! (Courant à Bassinet, vivement et bas.) Chut ! Taisez-vous, vous êtes malade !…
Qui ! moi, jamais de la vie…
Et vous allez bien, monsieur Bassinet ?
Mais comme vous voyez.
Oui, comme tu vois, très mal, il va très mal… (Bas.) Allez-vous vous taire, je vous dis que vous êtes malade…
Pourquoi voulez-vous que M. Bassinet soit malade puisqu’il vous dit !…
Est-ce qu’il sait… Il n’est pas médecin. Je te dis qu’il est perdu !
Je suis perdu, moi !
Mais oui… seulement on a voulu vous cacher la situation… (À part.) Ma foi, tant pis, il en crèvera s’il veut !
Ah ! mon Dieu ! qu’est-ce qu’il dit !…
Hélas ! c’est même pour cela que mon mari a passé la nuit auprès de vous.
Là ! v’lan ! aïe donc !
Il a passé la nuit auprès de moi, lui ?
Mais oui ! Vous ne vous en êtes pas aperçu ? (À Yvonne.) Laisse-le donc, tu vois bien qu’il a le délire ! (Bas à Bassinet, marchant sur lui.) Mais taisez-vous donc ! vous ne sentez donc pas que vous faites des impairs ?
Décidément, c’est lui qui est malade, le docteur !
Allons, monsieur Bassinet, soignez-vous bien. C’est égal ! vous avez bien bonne mine pour un homme à l’agonie… Il est vrai qu’elle dure depuis si longtemps !
Oui, c’est… c’est une agonie chronique…
Ce sont les moins mortelles… (À part.) C’est clair ! il me trompe !… Ah ! je dirai tout à ma mère !