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Classiquesen Ligne

Scène X

MERCURE, CHRÉMYLE, BACTIS et CARION.
CHRÉMYLE.

Que les foudres du grand Jupiter te réduisent en cendres jusqu’aux moelles, damné sycophante ! Tu veux me laisser sans argent et sans domestiques ?

MERCURE.

Tu te plains, ami de Plutus ? Remercie plutôt les dieux de voir que je me contente à si peu de frais ! Avancez ici, vous autres ! Lequel de vous veut servir sur les trirèmes de l’État ?

CARION.

Pas moi, seigneur sycophante ! je crains horriblement la mer.

MERCURE.

Tu me parais cependant le plus robuste des deux.

CARION.

Comme les apparences sont trompeuses ! Je n’ai jamais eu la force de lever une demi-mesure de blé.

CHRÉMYLE.
C’est la vérité ; il n’est bon qu’à la cuisine.
MERCURE.

S’il n’est pas capable de ramer, on le fera grimper aux cordages.

CARION.

Pour être le premier percé de flèches ? Merci ! je suis sujet au vertige. Je peux à peine monter sur un pommier pour manger un fruit. Je me laisserais tomber, et ce serait fait de moi !

MERCURE.

N’as-tu pas de honte d’être si lâche ?

CARION.

Reprochez à ma mère de m’avoir fait comme cela.

BACTIS, impatient.

Ma mère m’a fait autrement. Elle était debout quand elle me mit au monde, et elle chantait l’hymne des guerriers. Emmenez-moi, et n’en cherchez pas d’autre ici.

MERCURE.

Tu es bien jeune et bien mince ! N’importe, tu as la volonté qui fait qu’un homme en vaut deux.

CHRÉMYLE.

Vous dites qu’il en vaut deux ? Alors, prenez-le et rendez-moi l’argent.

MERCURE.

Tais-toi, ou je te fais intenter un procès qui te coûtera deux bourses et quatre hommes !

CHRÉMYLE.

Ô le plus détestable des espions ! fais-moi savoir le jour où tu seras mangé par les chiens, afin que, ce jour-là, je donne une fête ! (Bas, à Carion.) Viens ! il nous faut vite cacher Plutus dans la cave ; autrement, nous serons la proie des harpies ! (il sort.)

CARION.
Adieu, Bactis ! je te souhaite bien du plaisir, (Il sort.)