Petites mares des plateaux ferrugineux.
Les plateaux ferrugineux constituent le station la plus aride et la plus sèche du Soudan, quoique les plantes grasses ou Crassulacées y soient rares ou nulles. Dans les endroits les plus arides, la roche demeure constamment nue. La végétation est réduite à quelques plantes basses subligneuses qui croissent entre les fentes de la roche. Dans les endroits couverts d’une mince couche de sables ferrugineux et de petits galets, la terre se revêt à l’hivernage de petites Graminées et de Monocotylédones bulbeuses : oignons de panthère, petite Liliacée.
Dans les dépressions de ces plateaux rocheux, l’eau s’accumule à la suite des tornades et forme de petites mares temporaires bientôt desséchées après les premières pluies ; elles sont espacées les unes des autres, mais persistantes en plein hivernage. Dès les premières tornades, le sol, au bord de ces mares, se couvre d’une végétation grêle, verdoyante, qui se dessèche et meurt dès l’assèchement des mares. Ce phénomène se renouvelle plusieurs fois jusqu’à ce que les pluies deviennent persistantes. Il se perd ainsi une quantité considérable de graines qui germent, mais n’arrivent pas à leur complet développement. C’est seulement à l’époque où les pluies deviennent fréquentes que cette végétation peut fleurir ou fructifier.
Parmi les plantes qui croissent dans cette région, je remarque un jeune Marsilea polymorphe. Cette plante est très abondante sur la vase noire au bord de ces mares. Souvent les embryons forment de véritables lignes de verdure là où les vagues ont accumulé des brindilles sèches et autres détritus légers de toutes sortes. La plantule présente à sa base un petit tubercule cendré brillant. Outre ce Marsilea, j’ai remarqué encore au bord de ces mares une petite plante (Cypéracée) à feuilles filiformes et souche un peu tuberculeuse. Je trouve encore deux autres plantes aquatiques à feuilles vertes, minces, flottantes ou exondées, graminiformes.
La faune paraît assez variée. Après chaque pluie, dès que la mare est constituée, elle se remplit immédiatement (la tornade étant à peine finie) de crapauds de toutes grosseurs faisant un bruit infernal. J’ai remarqué encore un petit vist rougeâtre très agile, une petite sougous, un petit crustacé renfermé dans une coquille bivalve mince entr’ouverte, de petits coléoptères noirs à reflets métalliques. Ces mares sont visitées par des oiseaux de rivage.