Né en 1818 à Sainte-Anne-de-la-Pérade, au Québec, Antoine-Aimé Dorion fait ses études classiques au séminaire de Nicolet de 1830 à 1837 et obtient sa commission d'avocat en 1842, devenant peu après l'associé de Côme-Séraphin Cherrier ; il est ensuite bâtonnier du barreau de Montréal puis bâtonnier général de la province de Québec. Avocat, propriétaire de journal, homme politique et juge canadien, membre de l'Assemblée de la province du Canada de 1854 à 1867, il devient dans les années 1850 un chef bien connu du Parti rouge, prônant les idées libérales et s'opposant à certains aspects de la présence de l'Église catholique romaine dans la société. Copremier ministre de la province du Canada en août 1858 avec George Brown, puis en 1863-1864 avec John Sandfield Macdonald, il devient après la Confédération le chef du premier Parti libéral canadien-français, représentant le comté d'Hochelaga aux Communes de 1867 à 1872 puis celui de Napierville de 1872 à 1874, et sert comme ministre de la Justice dans le gouvernement libéral d'Alexander Mackenzie en 1873 et 1874. Il quitte définitivement la politique en 1874 en acceptant le poste de juge en chef de la Cour du banc de la reine de la province de Québec, qu'il conserve jusqu'à sa mort en 1891.