Né Joseph-Frédéric-Auguste Achintre en 1834 à Besançon, fils du pharmacien Guillaume-Auguste Achintre et d'Anne-Marie Duprey, orphelin de père, il est élevé à Aix-en-Provence par son oncle Joseph Achintre, professeur de belles-lettres à l'université, qui exerce sur lui une influence déterminante. Après avoir tenté la carrière militaire, il revient à la littérature, étudie à Paris avec les plus grands maîtres de son temps et suit des cours au Conservatoire royal de musique et de déclamation pour perdre son accent du midi. Parti pour un séjour de quelques semaines aux Antilles, il passe cinq ans à Haïti, où il fonde des journaux, publie plusieurs ouvrages et s'implique en politique, avant d'être gracié en 1859 lors de la restauration de la république par Fabre-Nicolas Geffrard et nommé ambassadeur d'Haïti à Washington — poste qu'il perd après un naufrage l'ayant conduit aux Bermudes, la nouvelle république haïtienne ayant entre-temps été renversée. Journaliste et essayiste, il s'installe à Montréal vers 1861, puis définitivement en 1866, collaborant pendant près de vingt ans à l'Événement de Québec, à La Minerve, à La Presse et surtout au Pays, à Montréal, et devenant rédacteur en chef de L'Opinion publique en 1875. Il meurt en 1886 à Montréal.