Né en 1825 à Avallon, fils de médecin, Ernest Cœurderoy étudie lui-même la médecine à Paris et adopte, dès la révolution de 1848, les positions socialistes et révolutionnaires les plus radicales, s'impliquant en 1849 dans l'insurrection contre l'intervention armée française en faveur du pape, ce qui le contraint à l'exil en Suisse. Recherché par la police, expulsé tour à tour de Suisse et de Belgique, il se réfugie à Londres où il publie La Barrière du combat (1852) avec le fouriériste Octave Vauthier, puis De la révolution dans l'homme et dans la société, avant de mener une existence errante à travers l'Europe — Suisse, Belgique, Grande-Bretagne, Italie, Espagne. Son œuvre la plus connue, Jours d'exil (1854-1855), exprime une mélancolie révolutionnaire et un espoir trahi qui traversent toute son écriture, révélant un réel talent littéraire malgré une pensée parfois décousue. Il meurt en 1862 en Suisse, retrouvé mort à son domicile après avoir poursuivi son épouse un pistolet à la main.