Née en 1670 à Brest, Henriette-Julie de Castelnau, comtesse de Murat, est mariée de force en 1691 à Nicolas de Murat, comte de Gibertès, colonel d'un régiment d'infanterie — union qui n'entame pas l'esprit vif que lui reconnaît Madame de Sévigné, la trouvant « extrêmement jolie, extrêmement piquante ». Femme de lettres associée au mouvement précieux de la fin du XVIIe siècle, elle compte parmi les créatrices du conte de fées littéraire dans les salons parisiens, aux côtés d'autres conteuses souvent éclipsées par l'immense succès de leur contemporain Charles Perrault. Elle écrit une quinzaine de contes au plus fort de la vogue du genre, entre 1698 et 1699, puisant sans hésiter aux grandes épopées et aux romans à succès de son temps pour renouveler le merveilleux, avant de publier des Mémoires provocateurs (1697), ses recueils de Contes de fées et Nouveaux Contes des fées (1698) et Histoires sublimes et allégoriques (1699), ainsi qu'un roman humoristique, Les Lutins du château de Kernosy (1710). Elle meurt en 1716 au château de la Buzardière.