Né en 1799 dans une famille paysanne de la paroisse Saint-Joseph de la Pointe-Lévy, Ignace Bourget étudie au séminaire de Québec avant d'être ordonné prêtre en 1822. Nommé deuxième évêque de Montréal en 1840, il nourrit l'ambition de raviver la ferveur religieuse de son diocèse et devient le chef de file de l'ultramontanisme canadien-français, courant catholique radicalement antilibéral favorable à l'autorité absolue du pape et du clergé sur la société civile, refusant toute séparation de l'Église et de l'État. Son ultramontanisme se matérialise notamment dans le plan de la nouvelle cathédrale de Montréal, construite sur le modèle de la basilique Saint-Pierre de Rome, et dans la levée en 1867 d'un régiment de cinq cents zouaves canadiens-français pour défendre la souveraineté temporelle du pape contre l'unification italienne. Après trente-six années d'épiscopat, il démissionne en 1876. Il meurt en 1885, laissant l'empreinte la plus marquante d'un évêque canadien-français au XIXe siècle.