Née Jenny Poinsard en 1809, tour à tour institutrice, sage-femme, écrivaine et philosophe, Jenny d'Héricourt publie en 1860 son ouvrage majeur, La Femme affranchie : réponse à MM. Michelet, Proudhon, E. de Girardin, A. Comte et aux autres novateurs modernes, dans lequel elle s'attaque frontalement aux idées de Proudhon sur l'infériorité intellectuelle des femmes ainsi qu'à la théorie, défendue sous diverses formes par Auguste Comte et Jules Michelet, qui place la femme sur un piédestal pour mieux en faire un objet à vénérer et à protéger plutôt qu'une égale. Traduit en anglais dès 1864 et publié à New York, l'ouvrage devient l'un des instruments de lutte des féministes américaines, aux côtés desquelles Jenny d'Héricourt part militer à partir du milieu des années 1860. Elle meurt en 1875.