Né en 1821 à Cany, fils d'un médecin des armées de l'Empire, Louis Bouilhet est le condisciple de Gustave Flaubert au collège royal de Rouen. Il entreprend des études de médecine sous la direction d'Achille-Cléophas Flaubert, le père de son ami, mais abandonne cette voie à la mort de celui-ci pour suivre sa vocation littéraire, exerçant ensuite les métiers de professeur de littérature puis, à partir de 1867, de conservateur de la bibliothèque de Rouen. D'une sensibilité, d'une intelligence et d'une culture étonnamment proches de celles de Flaubert, ferme partisan de l'art pour l'art et de l'esthétique de l'impassibilité, il devient pendant des années l'interlocuteur privilégié et souvent la conscience critique de ce dernier, allant jusqu'à lui souffler l'idée de Madame Bovary. Il connaît une notoriété certaine par ses poèmes d'inspiration parnassienne, Melaenis (1857) et Festons et astragales (1859), ainsi que par ses pièces de théâtre, dont La Conjuration d'Amboise (1866), Mademoiselle Aïssé et Le Sexe faible (1873, posthume). Il meurt en 1869 à Rouen ; Flaubert fera son éloge posthume et exposera leurs conceptions esthétiques communes dans la préface à ses Dernières Chansons (1870).