Né en 1815 à Soubrebost, dans la Creuse, fils de cultivateurs, Martin Nadaud monte à Paris à seize ans, où il exerce le métier de maçon et devient chef de chantier à dix-neuf ans, figure emblématique de ces maçons creusois qui participent massivement à la construction de Paris et de Lyon au XIXe siècle. Après la révolution de 1848, il préside le club des habitants de la Creuse à Paris et se fait connaître, devenant représentant de la Creuse à l'Assemblée législative de 1849 puis député de la Creuse de 1876 à 1889. Expulsé en 1852, il gagne la Belgique puis l'Angleterre, où Louis Blanc lui trouve du travail et où il reprend la truelle, avant de devenir professeur de français en 1855 ; Léon Gambetta le nomme préfet de la Creuse le 4 septembre 1870. Retiré à La Martinèche, il consacre l'essentiel de son temps à la rédaction de ses mémoires, dédiées à son père, publiées en 1895 à Bourganeuf sous le titre Mémoires de Léonard, ancien garçon maçon, rassemblant les récits déjà parus dans un hebdomadaire local. Il meurt en 1898 à Soubrebost.