À se tordre (1891), recueil de contes humoristiques et absurdes d'Alphonse Allais, l'un des plus grands humoristes de la littérature française, rassemble de courts textes d'un comique irrésistible fondé sur l'absurde, le calembour et le retournement inattendu de situations en apparence banales, genre littéraire dans lequel Allais excelle avec une virtuosité et une inventivité verbale exceptionnelles qui font de lui l'un des pionniers reconnus de l'humour absurde moderne, précurseur direct de tout un pan de l'humour français du XXe siècle. Allais y déploie un art du texte court et de la chute comique fulgurante, multipliant les histoires les plus incongrues traitées avec un sérieux imperturbable qui en décuple l'effet comique, jouant constamment sur le décalage entre la logique implacable apparente de son raisonnement et l'absurdité totale de ses conclusions, procédé humoristique qui influencera considérablement l'humour français ultérieur, du surréalisme jusqu'aux formes les plus contemporaines de l'humour absurde et du non-sens littéraire. Figure emblématique et facétieuse de la vie littéraire et journalistique parisienne de la fin du XIXe siècle, collaborateur régulier de nombreux journaux humoristiques de son époque où il publie l'essentiel de ses textes avant leur rassemblement en recueils, Allais reste célèbre pour des inventions et des canulars restés légendaires dans l'histoire de l'humour français, notamment la fameuse composition musicale entièrement silencieuse qu'il propose bien avant les expérimentations musicales d'avant-garde du XXe siècle. Par l'inventivité de son humour absurde précurseur, ce recueil demeure une référence fondatrice de l'humour littéraire français moderne.