Ange Pitou (1851), qui prolonge le cycle de Marie-Antoinette entamé avec Le Collier de la reine, suit le jeune et naïf paysan Ange Pitou, orphelin recueilli par une tante avare puis chassé de chez elle, qui se retrouve emporté malgré lui dans le tourbillon des tout premiers événements de la Révolution française, de la prise de la Bastille jusqu'à la marche des femmes sur Versailles en octobre 1789. Amoureux transi de Catherine Billot, fille d'un fermier engagé dans le mouvement révolutionnaire, Pitou multiplie les maladresses attendrissantes tout en se révélant, à mesure que le roman avance, d'un courage et d'une loyauté sincères qui contrastent avec la gravité tragique des événements historiques qui se déroulent autour de lui. Dumas mêle ainsi le regard candide et souvent comique de ce héros malgré lui à la reconstitution minutieuse des grandes journées révolutionnaires parisiennes, offrant un contrepoint plus léger et populaire aux tourments politiques et amoureux qui agitent en parallèle la noblesse et la cour dans les autres romans du cycle. Le roman capture avec vivacité l'enthousiasme confus et l'espoir immense qui saisissent le peuple français aux tout premiers jours de la Révolution, avant que celle-ci ne bascule vers la Terreur que Dumas racontera dans les volumes suivants du cycle. Par son ton plus populaire et son héros pittoresque, Ange Pitou offre une porte d'entrée accessible et vivante sur les origines de la Révolution française vue depuis la province et le petit peuple. Ce roman remporte en son temps un succès populaire considérable, porté par l'accessibilité de son héros modeste et la vivacité de sa reconstitution des tout premiers mois enthousiastes de la Révolution française, avant que la suite du cycle ne bascule vers des tonalités bien plus sombres. Ce roman offre ainsi un contrepoint populaire précieux aux autres volets du cycle, davantage centrés sur la noblesse et la cour royale.