1o Culture du riz des montagnes.
Les riz des montagnes, dont je donne tous les noms en note9, se cultivent sur les terres élevées, et qui sont à l’abri des inondations pendant la saison des pluies.
Dans la partie ouest de l’île de Luçon, aussitôt que commencent les premières pluies, vers la fin de mai ou les premiers jours de juin, le cultivateur prépare les terres en leur donnant deux labours et deux hersages. La charrue (fig. A.) est employée à cet effet. La herse est triangulaire, comme celle dont nous nous servons en France, et dont je n’ai pas cru nécessaire de donner le modèle.
Les terres étant bien préparées et bien meubles, le riz est semé à la volée, et environ un mois après on fait un bon sarclage, qui suffit ordinairement pour débarrasser le champ des mauvaises plantes qui y ont poussé.
Si c’est l’espèce nommée pinursegui qu’on a cultivée, espèce la plus précoce, on peut faire la récolte trois mois ou trois mois et demi après l’ensemencement.
Si c’est une des autres espèces, il faut calculer, pour atteindre une maturité complète, au moins cinq mois.
Après cette maturité, le riz est coupé avec la faucille (voir fig. E.), mis en petites gerbes, dont on forme de grandes meules pour attendre plusieurs jours de beau temps, afin de séparer le grain de la paille. Cette opération se fait avec des buffles qui tournent dans une grande aire où est étendu le riz, ou bien sur un treillage en bambous élevé à une dizaine de pieds du sol. Là, un Indien écrase avec les pieds les gerbes de riz qu’on lui passe, et il fait tomber les grains par les intervalles du treillage.
Les riz des montagnes se sèment aussi quelquefois sans aucun labour.