§ XIV.—Culture du tabac.
Après le riz, le tabac est le produit qui donne, pécuniairement parlant, les plus grands résultats, bien qu’il soit mis en régie et ne puisse être vendu qu’au gouvernement.
C’est dans les provinces de Nueva-Ecija et de Cagayan que l’on cultive la plus grande quantité de tabac.
Cette culture diffère sans doute bien peu de celle mise en pratique dans tous les pays du monde: elle consiste à faire de grands semis qui sont ensuite transplantés dans des terres bien ameublies par plusieurs labours à la charrue et à la herse. On repique les jeunes plantes par lignes distantes de 1 mètre 50 centimètres les unes des autres, et sur la longueur on laisse 1 mètre d’intervalle entre chaque plant.
Pendant les deux mois qui s’écoulent après la plantation, il est indispensable de donner quatre labours avec la charrue entre chaque rang, et après chaque labour, tous les quinze jours, détruire à la main, ou mieux avec la pioche, les herbes qui n’ont pu être atteintes avec la charrue.
Les quatre labours doivent être pratiqués de manière à former alternativement un sillon au milieu de chaque ligne et sur les côtés; et par conséquent, au dernier labour, la terre recouvre les plantes jusqu’aux premières feuilles, et il reste une rigole au milieu pour l’écoulement des eaux.
Aussitôt que chaque plant a acquis une hauteur suffisante, on l’étête pour obliger la sève à se porter vers les feuilles; et quelques semaines après on fait la récolte.