Scène XII.
Tu crois ?
Ah grand Dieu !
Vous voyez qu’il y en a encore… mais ne craignez rien !… je ne suis qu’un tout petit diable… pas bien méchant… pas du tout dangereux !… et qui est venu sur terre tout bêtement en mission scientifique !…
Ah bah !
Si l’Académie des sciences morales vous avait adressé cette question : sont-ce les maris qui font damner leurs femmes, ou les femmes qui font damner leurs maris ?… qu’auriez-vous répondu ?
Ce sont les maris !
Ce sont les femmes !… Vous pouvez dire de ma part à l’Académie que je lui donne ma parole d’honneur que ce sont les femmes !
Eh bien !… vous avez raison !
Qui ?… moi !
Non pas !… moi !
Tous les deux !… Voilà ce qui résulte de l’expérience que je viens de faire sur vous…
Sur nous !
Oh ! indirectement… en me logeant dans le corps de Pépito et dans celui d’Honesta.
Dans le corps de Pépito !
Vous vous êtes permis de prendre un logement chez ma femme !… Elle ne m’a jamais parlé de ce locataire !
Si fait !… Alberto… les carabiniers…
Eh bien ?
C’était le diable.
Mais, alors, le manche de râteau ?
C’était le diable !
Ah !
Et toi, qui me disais tout à l’heure que le diable n’était qu’un mythe !… mais si tu avais la moindre teinture de philosophie…
Cher petit Pépito !
Blanche Colombe, va ! (Il remonte.)
Allez… allez… profitez de la lune de miel…[43] vous n’en êtes qu’au premier quartier… Et quand même, dans trois mois, par exemple… on viendrait te dire, à toi, Fiametta : pendant que tu crois ton mari endormi et rêvant de sa femme, il ne songe qu’à aller à la fête sans toi… il s’échappe par la cheminée… (On voit un faux Pépito sortir de la cheminée et s’échapper par le toit.) il grimpe sur le toit au risque de se casser le cou… et le voilà parti !
Allons donc !… je ne crois plus rien.
Et si je te disais, à toi, marquis de Brancador : ta blanche Colombe, que tu crois au nid, vient de s’envoler… (On voit la fausse Honesta sortir furtivement de la droite, troisième plan, et gagner le bord de la terrasse, à droite.) Ta petite marquise a vu briller dans l’ombre un casque de carabinier.[44]
Ah oui !… ce maroufle d’Alberto… continue, jeune diable, tu m’amuses.
Le casque s’approche… (On aperçoit un casque à travers le feuillage, et tous les mouvements décrits par Belphégor s’exécutent au fond.) Deux mains s’élèvent suppliantes… et le bouquet d’Honesta tombe de son corsage… (La fausse Honesta sort précipitamment.) Hein !… que répondrais-tu ?
Ce que je répondrais ?… Je répondrais… (Il remonte. Deux valets sortent du château, portant des flambeaux. Brancador court en prendre un et s’approche de Belphégor d’un air satisfait.)[45] Voilà ce que je répondrais…
Bonsoir, monsieur Belphégor…
Ma belle, moins effarouchée,
M’attend, nonchalamment couchée,
Sous ses rideaux de soie et d’or…
Bonsoir, monsieur Belphégor.
Bonsoir, monsieur Belphégor…
Pépito m’appelle, je gage :
Dame ! écoutez, notre ménage
Ne compte que huit jours encor…
Bonsoir, monsieur Belphégor.
Bonsoir, monsieur Belphégor !…
Aux frais de l’État je voyage,
Ah ! n’abrégez pas mon passage ;
Comme eux, en me disant encor :
Bonsoir, monsieur Belphégor !
Bonsoir, monsieur Belphégor.
(Brancador est sur les marches de la villa, Fiametta sur celles du pavillon. Belphégor rentre dans sa touffe de dahlias en poussant un éclat de rire. Le rideau tombe.)
- ↑ F., Br., les domestiques à droite, au deuxième plan.
- ↑ F. au fond, Br.
- ↑ Les laquais, Br., F. au fond.
- ↑ F., Br., H., les valets au deuxième plan.
- ↑ P., F.
- ↑ F., P.
- ↑ P., F.
- ↑ F., P.
- ↑ P., F.
- ↑ F., P.
- ↑ P., F.
- ↑ F., P.
- ↑ P., F.
- ↑ F., P.
- ↑ P., F.
- ↑ F. au deuxième plan, Br.
- ↑ Br., F.
- ↑ F., Br.
- ↑ Br., F.
- ↑ F., Br.
- ↑ Br., F.
- ↑ Br., H.
- ↑ H., Br.
- ↑ H., Br.
- ↑ La fausse H., Br.
- ↑ Bel., Br., la fausse H.
- ↑ Br., H.
- ↑ H., Br.
- ↑ Br., H.
- ↑ H., Br.
- ↑ Br., H.
- ↑ H., Br.
- ↑ Br., H.
- ↑ H., Br.
- ↑ Br., H.
- ↑ Br., F.
- ↑ F., Br.
- ↑ Br., F.
- ↑ F., Br.
- ↑ Br., F.
- ↑ Br., Bel., F.
- ↑ Bel., Br., F.
- ↑ Br., Bel., F.
- ↑ F., Br., Bel.
- ↑ F., Bel., Br.