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Bérénice (éditions Didot, 1854)Scène II.

Bérénice (éditions Didot, 1854)
Chapitre 17 / 29

Scène II.

BÉRÉNICE, PHÉNICE.
BÉRÉNICE.

Chère Phénice, eh bien ! as-tu vu l’empereur ?
Qu’a-t-il dit ? viendra-t-il ?

PHÉNICE.

Qu’a-t-il dit ? viendra-t-il ? Oui, je l’ai vu, madame,
Et j’ai peint à ses yeux le trouble de votre âme.
J’ai vu couler des pleurs qu’il voulait retenir.

BÉRÉNICE.

Vient-il ?

PHÉNICE.

Vient-il ? N’en doutez point, madame, il va venir.
Mais voulez-vous paraître en ce désordre extrême ?
Remettez-vous, madame, et rentrez en vous-même.
Laissez-moi relever ces voiles détachés,
Et ces cheveux épars dont vos yeux sont cachés.
Souffrez que de vos pleurs je répare l’outrage.

BÉRÉNICE.

Laisse, laisse, Phénice ; il verra son ouvrage.
Eh, que m’importe, hélas ! de ces vains ornements,
Si ma foi, si mes pleurs, si mes gémissements…
Mais que dis-je ? mes pleurs ! si ma perte certaine,
Si ma mort toute prête enfin ne le ramène,
Dis-moi, que produiront tes secours superflus,
Et tout ce faible éclat qui ne le touche plus ?

PHÉNICE.

Pourquoi lui faites-vous cet injuste reproche ?
J’entends du bruit, madame, et l’empereur s’approche.
Venez, fuyez la foule, et rentrons promptement :
Vous l’entretiendrez seul dans votre appartement.