Scène III
D’ailleurs,
Puisque vous êtes là, j’aime mieux qu’elle ignore !
— J’allais voir votre ami tantôt. J’étais encore
À vingt pas de chez lui… quand je le vois de loin,
Qui sort. Je veux le joindre. Il va tourner le coin
De la rue… et je cours… lorsque d’une fenêtre
Sous laquelle il passait — est-ce un hasard ?… peut-être ! —
Un laquais laisse choir une pièce de bois.
Les lâches !… Cyrano !
J’arrive et je le vois…
C’est affreux !
Notre ami, Monsieur, notre poète,
Je le vois, là, par terre, un grand trou dans la tête !
Il est mort ?
Non ! mais… Dieu ! je l’ai porté chez lui.
Dans sa chambre… Ah ! sa chambre ! il faut voir ce réduit !
Il souffre ?
Non, Monsieur, il est sans connaissance.
Un médecin ?
Il en vint un par complaisance.
Mon pauvre Cyrano ! — Ne disons pas cela
Tout d’un coup à Roxane ! — Et ce docteur ?
Il a
Parlé, — je ne sais plus, — de fièvre, de méninges !…
Ah ! si vous le voyiez — la tête dans des linges !…
Courons vite ! — Il n’y a personne à son chevet ! —
C’est qu’il pourrait mourir, Monsieur, s’il se levait !
Passons par là ! Viens, c’est plus court ! Par la chapelle !
Monsieur Le Bret !
Le Bret s’en va quand on l’appelle ?
C’est quelque histoire encor de ce bon Ragueneau !