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Jules Verne
Kéraban-le-Têtu
MDCCCLXXXIII
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Source : Wikisource
XIXe siècle · 1883

Kéraban-le-Têtu

1883Classique Français Classique
Mer et voyages

Kéraban-le-têtu (1883) raconte comment un riche négociant turc établi à Constantinople, Kéraban, d'un entêtement légendaire qui donne son titre au roman, refuse catégoriquement de payer une taxe nouvellement instaurée pour traverser le Bosphore en bateau afin de rejoindre sa propre maison située juste en face, de l'autre côté du détroit, et décide par pur principe de contourner entièrement la mer Noire par voie terrestre plutôt que de céder ne serait-ce qu'une seule pièce à cette taxe qu'il juge injuste. Ce caprice obstiné entraîne Kéraban et son entourage, dont son associé hollandais et le jeune fiancé de sa nièce, dans un immense périple à travers toute l'Asie Mineure et les Balkans, ponctué de péripéties comiques et de rencontres pittoresques qui permettent à Verne de dérouler ses connaissances géographiques et ethnographiques sur des régions de l'Empire ottoman alors peu connues du grand public français. Le roman se distingue par son ton résolument plus léger et comique que la plupart des Voyages extraordinaires, l'entêtement de Kéraban servant de ressort comique constant à une aventure géographique par ailleurs sérieusement documentée sur les paysages et les coutumes traversés. Cette fantaisie géographique, moins connue aujourd'hui que les grands classiques du cycle vernien, illustre la veine plus humoristique que Verne savait également déployer dans son immense production. Prépublié dans le Magasin d'éducation et de récréation du 1er janvier au 15 octobre 1883 avant sa parution en volume chez Hetzel le 15 novembre suivant, illustré par Léon Benett, le roman situe précisément le point de départ du périple de Kéraban entre Constantinople et Scutari, de part et d'autre du Bosphore. Le roman doit une partie de son charme à la peinture savoureuse du contraste entre l'entêtement oriental de Kéraban et le flegme tout hollandais de son associé Van Mitten, duo comique récurrent tout au long du périple. Ce roman appartient à la période où Verne, déjà célèbre depuis deux décennies, continue de renouveler son inspiration en explorant des régions du monde encore largement méconnues de ses lecteurs français.