I
(26 octobre 1932)
S’il y a un scandale de l’Aéropostale, il ne faut pourtant pas oublier que, très loin des discussions politiques et financières, des pilotes s’y dévouent, comme par le passé, à leur dur métier.
Sur la ligne France-Amérique du Sud, comme sur la ligne Marseille-Alger, des avions volent. Il y a chaque jour des audiences chez le juge d’instruction, mais un camarade chaque jour aussi est consigné pour une audience autrement dramatique et, je crois, autrement importante. On lui confie des sacs de poste, des vies humaines, et, quelques heures plus tard, il aura peut-être à les défendre bien plus âprement qu’en face d’un juge, seul au milieu du vaste tribunal que composent l’orage, la montagne et la mer, car les dangers les plus habituels prennent corps pour le pilote sous un de ces trois masques-là.