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Jules Verne
L’École des Robinsons
MDCCCLXXXII
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Source : Wikisource
XIXe siècle · 1882

L’École des Robinsons

1882Classique Français Classique
Mer et voyages

L'École des Robinsons (1882) raconte comment un jeune Américain riche et sans expérience, Godfrey Morgan, est envoyé par son oncle sur une île déserte du Pacifique dans le cadre d'une expérience pédagogique destinée à tremper son caractère avant son mariage, sans savoir que tout ce naufrage soi-disant accidentel a en réalité été minutieusement organisé et mis en scène de bout en bout par sa propre famille pour l'éprouver, dans un pastiche assumé et amusé des récits classiques de robinsonnades comme celui de Daniel Defoe. Godfrey, convaincu de vivre un naufrage authentique aux côtés de son valet Tartelett, aussi peureux que peu doué pour la survie, doit affronter ce qu'il croit être de véritables dangers, bêtes sauvages, tribus hostiles et éléments déchaînés, avant de découvrir progressivement, à mesure que les indices s'accumulent, la vérité sur cette mise en scène familiale entièrement fabriquée pour son édification personnelle. Verne s'amuse ici ouvertement des codes du genre de la robinsonnade qu'il a lui-même pratiqué avec sérieux dans L'Île mystérieuse, en composant cette fois un roman plus léger et volontiers parodique sur les mésaventures d'un naufragé malgré lui bien moins débrouillard que ses illustres modèles littéraires. Cette fantaisie ludique sur le mythe du naufrage insulaire offre un contrepoint humoristique bienvenu aux grandes robinsonnades sérieuses qui ont fait la réputation de Jules Verne. Le roman est d'abord prépublié dans le Magasin d'éducation et de récréation tout au long de l'année 1882 avant sa parution en volume chez Hetzel le 13 novembre, avec les illustrations de Léon Benett. Le personnage du valet peureux Tartelett, dont la couardise et l'incompétence pratique contrastent systématiquement avec le sang-froid de Godfrey, fournit l'essentiel du ressort comique du roman et incarne la dimension volontairement parodique que Verne assume dans cette robinsonnade tardive. Le roman doit également son originalité au twist final qui révèle que l'île n'était même pas totalement déserte ni pleinement sûre, puisqu'un vrai danger, non prévu par la mise en scène familiale, finit par surgir et menacer réellement Godfrey, brouillant la frontière entre l'épreuve simulée et l'aventure authentique.