Scène 6
Quels ordres donnez-vous
Sur cet enfant des rois qu’on dérobe à nos coups ?
Aucun.
Vous commandiez que notre vigilance
Aux mains d’Idamé même enlevât son enfance.
Qu’on attende.
On pourrait…
Il ne peut m’échapper.
Peut-être elle vous trompe.
Elle ne peut tromper.
Voulez-vous de ces rois conserver ce qui reste ?
Je veux qu’Idamé vive ; ordonne tout le reste.
Va la trouver. Mais non, cher Octar, hâte-toi
De forcer son époux à fléchir sous ma loi :
C’est peu de cet enfant ; c’est peu de son supplice ;
Il faut bien qu’il me fasse un plus grand sacrifice.
Lui ?
Sans doute : oui, lui-même.
Et quel est votre espoir ?
De dompter Idamé, de l’aimer, de la voir,
D’être aimé de l’ingrate, ou de me venger d’elle,
De la punir. Tu vois ma faiblesse nouvelle :
Emporté, malgré moi, par de contraires vœux,
Je frémis, et j’ignore encor ce que je veux.