Scène XVI
Là, je suis prête !
Ah ! voilà ma nièce.
Ah ! non, ce que je dégote comme ça ! (Enjambant la chaise à droite du canapé.) Eh ! allez donc ! C’est pas mon père !
Ah ! ah ! elle est drôle ! (Singeant le geste de la Môme.) « Eh ! allez donc, c’est pas mon père ! » (Descendant no 3, vers Petypon.) Elle me va tout à fait, ta femme ! un petit gavroche !
Oui, oh ! (Entre ses dents.) Un voyou !
Oh ! mais, il est tard ! Je me laisse aller à bavarder, et mon train que je dois prendre dans une heure ! J’ai encore deux courses à faire avant. (À la Môme, qui est adossée à la table.) Alors, c’est bien convenu ? À quatre heures cinq à la gare ?
C’est ça, mon oncle !
Ça ne t’est pas désagréable que je l’embrasse ?
Oh ! là là !… Ah ! ben !…
Ah ! votre mari permet !
Oh ! alors !…
D’ailleurs, si j’ai le temps, je repasserai vous prendre ! C’est ça, rendez-vous ici !
Quoi ?
C’est ça, mon oncle, c’est entendu !
Mais non ! mais non ! à la gare, ça vaut mieux !
Non, non, ça vaut mieux ici ! Comme cela, on ne se manquera pas !
Oh ! non ! non ! je n’en suis pas encore débarrassé !
Au revoir, monsieur ! enchanté ! vous m’excuserez auprès de madame Mon… ? Mon… ?
… gicourt !
Oh ! vous avez le temps ! ce n’est pas autrement pressé !
Non ! non ! « gicourt » ! « Mongicourt » ! c’est mon nom.
Ah ! pardon. Je comprenais… oui, oui ! Mongicourt, merci ! Allons, à tout à l’heure, vous autres !
À tantôt, mon oncle.
À tantôt, ma nièce ! (Il passe devant elle puis se retournant pour l’imiter.) Eh ! allez donc, c’est pas mon père !
Eh ! allez donc c’est pas mon père ! Bravo, mon oncle !
Elle est charmante, ma nièce ! (À Petypon.) Tu entends, le mari ! Elle est charmante, ma nièce.
Tu entends, le mari ?
Oui, oui !
Elle est charmante ! des toupies comme ça, ah ! ben !…