Scène XV
Les Mêmes, endormis, LE GÉNÉRAL et PETYPON.
Le Général, de la coulisse, tout en ouvrant la porte de gauche.
Viens, mon ami ! (Paraissant et entrant à reculons en train qu’il est de parler à Petypon qui le suit.) Viens la voir, l’image de l’Innocence ! Regarde-la l’image de l’Innocence ! (Se retournant et apercevant le groupe endormi.) Ah !
Petypon.
Allons, bon ! qui est-ce qui a fait marcher le fauteuil !
Tout en parlant il passe devant le général et gagne jusqu’au fauteuil.
Le Général, descendant à droite du canapé.
Mais, qu’est-ce que c’est ?
Petypon, pressant sur le bouton de droite du fauteuil.
C’est rien ! Tenez !
Il remonte devant la porte de droite. Le duc et la Môme ont reçu le choc. — un temps, — puis :
ENSEMBLE,
dans les bras l’un de l’autre.
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Le Duc.
Une femme du monde ! Je suis l’amant d’une femme du monde ! Oh ! maman ! maman !
La Môme.
Ouh ! le petit Ziriguy à sa Momôme ! Ouh ! ma choute ! Oh ! mon lapin vert.
Ils s’embrassent. |
Le Général.
Qu’est-ce qu’ils racontent ?
Mais le réveil s’est produit de part et d’autre. Ils se regardent étonnés et se lèvent. La Môme descend devant la table ; le duc à gauche du fauteuil. Tous deux ont encore le regard un peu égaré.
Le Duc.
Où suis-je ?
La Môme.
Eh ! bien, quoi ?
Le Duc, revenu à lui tout à fait, apercevant le Général.
Le Général !
Il se précipite instinctivement vers la porte de sortie, va donner contre Petypon qui obstrue le passage, et, rebroussant chemin, se précipite dans la chambre du fond.
Le Général.
Hein ! d’où sort-il, celui-là ?
La Môme (3), descendant à droite.
Mais qu’est-ce que j’ai eu donc ?
Petypon (2), descendant à gauche du fauteuil extatique.
C’est rien ! rien !… C’est le fauteuil extatique : quand la bobine est en mouvement et qu’on s’assied, on s’endort.
Le Général (1).
Non ?… Tout le monde ?
Petypon, descendant milieu de la scène.
Tout le monde.
Le Général.
Ouida ! ah ! ben, moi… ça ne m’endormirait pas !…
Petypon, sur un ton railleur.
En vérité !
Le Général, passant no 2 pour aller à la Môme.
Mais c’est pas tout ça ! Mes enfants, nous voilà en présence, pas d’explications et embrassez-vous !
Petypon, à part.
Ah ! ma foi, puisqu’il n’y a pas moyen autrement !… (Haut.) Dans mes bras, ma femme !
Le Général, la poussant vers Petypon.
Allez-y, sa femme !
La Môme, se jetant dans les bras de Petypon, dans un lyrisme comique.
Lucien !
En s’embrassant ils pivotent lentement sur eux-mêmes de façon à prendre, la Môme le no 1, Petypon, le 2.