Aller au contenu principal
Classiquesen Ligne

Scène XX

MONGICOURT, LE GÉNÉRAL.
Mongicourt, assis sur le canapé, et riant encore.

Ah ! ah ! ah ! ce pauvre Petypon !

Le Général, assis sur la chaise qui est à la tête du lit.

Ah ! ah ! ah ! je crois qu’elle doit être édifiée sur ses apparitions !

Mongicourt.

Ah ! ah ! je n’ai pourtant pas envie de rire !

Le Général.

Ah ! monsieur mon neveu, vous voulez mystifier le monde !… Mais tout finit toujours par se découvrir ; vous venez d’en avoir la preuve !… (Descendant et à Mongicourt.) Et à ce propos, monsieur, je vous fais toutes mes excuses !

Mongicourt, se levant.

À moi, général ?

Le Général (2), sévèrement.

Je sais tout !… Cette chère petite enfant m’a tout dit ; (Émoustillé.) elle est délicieuse ! Figurez-vous qu’elle ne connaît pas l’Afrique ! (Brusquement, de nouveau sévère.) Vous n’êtes pas le mari de madame Mongicourt ?

Mongicourt.

Mais non, général, puisqu’elle est la femme de Petypon !

Le Général.

Bien oui, je le sais bien ! mais, hier, n’est-ce pas ? j’ignorais ! alors, je vous ai envoyé une…

Il esquisse le geste du soufflet.
Mongicourt, vivement, comme s’il le paraît.

Oui !

Le Général.

Qu’est-ce que vous voulez ? Je sais bien qu’une gifle est une gifle !… Mais l’insulte n’est pas dans le fait, mais dans l’intention !… Ici, elle ne s’adressait à vous, que du moment que vous étiez le mari de la femme qui m’avait…

Mongicourt, même jeu.

Oui !

Le Général.

Vous ne l’êtes pas… Cette gifle n’est donc pas un affront ! Ce n’est qu’une commission.

Mongicourt, ne voyant pas où il veut en venir.

Comment ça ?

Le Général, bien lentement.

Le vrai destinataire est mon neveu Petypon ; (Avec un petit geste d’offrande.) vous n’avez qu’à lui faire parvenir.

Il remonte.
Mongicourt, ravi, à cette idée.

Mais… c’est vrai !

En parlant il passe extrême droite, devant la table.