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Classiquesen Ligne

Scène XXI

Les Mêmes, PETYPON, GABRIELLE, puis LA MÔME.
Le Général, voyant entrer Petypon.

Lui !

Petypon, à part sur le pas de la porte.

Mon Dieu ! pardonnez-moi ce dernier mensonge, il le fallait, pour convaincre ma femme !… (À Gabrielle, encore hors de vue.) Viens, Gabrielle !

Il la prend par la main et la fait entrer en scène.

Le Général, au milieu de la scène, sévèrement à Petypon.

Ah ! te voilà, toi ! Je sais tout ! Tu m’as menti.

Petypon (2), au-dessus du canapé.

Hein ?

Gabrielle (1).

Qu’est-ce qu’il y a encore ?

Le Général (3).

La chère enfant que tu m’as présentée pour ta femme n’a jamais été ta femme ! Ta femme, c’est madame !

Gabrielle.

Évidemment !

Petypon, venant au général.

Mais c’est ce que je me tue à vous répéter.

Le Général.

Ah ! tu t’est moqué de moi ! C’est très bien ! Je t’ai donné ma parole que je ne te déshériterais pas, je la tiendrai !

Petypon, ravi de cette idée.

Oui ?

Le Général, l’arrêtant du geste.

Mais c’est fini entre nous ! Je ne te reverrai de ma vie !

Petypon, à part.

Je n’en demande pas davantage (Haut.) Oh ! mon oncle !

Le Général, descendant.

Non ! Non !

Gabrielle, devant le canapé.

Général, pardonnez-lui ! Sachez que c’est par abnégation qu’il a fait passer cette femme pour la sienne. Il savait qu’elle était la maîtresse de M. Corignon et c’est pour éviter un scandale et empêcher la rupture du mariage qu’il a fait ce pieux mensonge

Le Général.

Je ne sais qu’une chose : il s’est moqué de moi, ça suffit.

Tout le Monde, voyant la Môme qui entre et s’arrête sur le pas de la porte.

Ah !

La Môme, au général, descendant no 4.

Eh bien ! y es-tu ?

Le Général, empressé.

Voilà, bébé, je te suis !

Il remonte vers elle.
Tous, étonnés.

Ah !

Mongicourt, passant à Petypon.

Quant à moi, je me suis expliqué avec le général ; tu sais, pour l’affaire.

Petypon.

Ah !

Mongicourt.

Oui, il a trouvé un arrangement qui concilie tout : c’est de considérer la gifle, non comme un affront, mais comme une commission.

Petypon, sans comprendre.

Excellente idée !

Mongicourt.

Vraiment ?… Alors… tu souscris ?

Petypon.

Mais, comment donc, tu penses !

Mongicourt.

Oui ?… Ah ! bien, alors… (Il s’éloigne pour prendre du champ et lui envoie un formidable soufflet.) V’lan !

Petypon, bondissant en arrière.

Oh !

Le Général, qui pendant ce qui précède a été prendre les épées et son chapeau sur la table, tout en se dirigeant vers la Môme qui a gagné près de la porte.

Touché !

Petypon, se frottant la joue.

Nom d’un chien !

Gabrielle, se précipitant vers son mari.

Lucien !

Mongicourt, s’effaçant pour montrer le général et bien lentement.

C’est de la part du général !

Le Général, à La Môme.

Je suis à tes ordres.

Petypon, inquiet.

À moi ?

Le Général, offrant son bras gauche à la Môme tout en l’indiquant de la main droite.

Non ! je parle à madame.

La Môme.

Et allez donc ! (Donnant une petite tape amicale sur la joue du général.) c’est pas mon père !

Elle sort avec le général.
Rideau.
  1. Éviter comme le font quelquefois, par irréflexion, des interprètes du rôle de Gabrielle de dire : « Hein ! lui aussi ? » au lieu de « Hein ! aussi ? » qui est écrit. C’est en effet cette absence du mot LUI qui permet la confusion. Pour le général, il ne peut s’agir que de la gifle qu’il a donnée à Mongicourt et de celle qu’il a reçue de Gabrielle, tandis que Gabrielle entend la gifle que le général a donné à Mongicourt et une autre qu’il aurait donnée à Petypon.
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