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Classiquesen Ligne

§ 6. — Les tentatives de religion scientifique.

Les efforts tentés pour fonder une religion sur la science échouèrent toujours. Ils furent, à vrai dire, assez rares et l’on ne trouve guère que la doctrine d’Auguste Comte méritant l’attention. Bien oubliée aujourd’hui, elle se borna en réalité à changer les noms des dogmes catholiques. Une nouvelle trinité : le Grand-Être (l’humanité), le Grand Fétiche (la terre), le Grand Milieu (l’espace) devait remplacer la Trinité chrétienne. Un nouveau clergé, composé de savants, se substituait à l’ancien. Un tel essai ne se renouvellera probablement jamais. Tout au plus, pourra-t-on voir la science revêtir dans quelques esprits une forme religieuse.

Il est illusoire en effet de supposer que des conceptions théologiques et morales s’adressant à la partie mystique et affective de notre nature, et restant toujours personnelles soient remplaçables par des vérités scientifiques d’origine rationnelle dont le caractère fondamental consiste à demeurer complètement impersonnelles.

Ces raisons profondes s’opposeront toujours à ce qu’une religion puisse avoir la science pour base. Il fallait ne posséder aucune idée du mécanisme de la croyance pour prétendre fonder une foi sur la science. Une religion scientifique aussi bien qu’une morale scientifique est impossible. Ces deux mots : science et religion jurent d’être accolés.