§ 5. — Les croyances politiques à forme religieuse.
La mentalité mystique s’appliquant à des sujets fort divers, héros, doctrines ou formules, une religion n’implique pas nécessairement la croyance en une divinité. On peut être un parfait athée et rester cependant saturé d’esprit mystique. Les partis politiques et les révolutions ne triomphent nullement au moyen d’arguments rationnels mais seulement après avoir inspiré des sentiments de nature religieuse. La Révolution française en fournit un éclatant exemple. J’ai consacré mon précédent volume à le démontrer.
La Russie fourmille de sectes, celle des nihilistes, notamment, dont les adeptes n’adorent aucune divinité et sont prêts cependant à périr pour le triomphe de leur foi.
Le succès du socialisme pourrait être également invoqué à l’appui de notre thèse. J’ai expliqué depuis longtemps déjà, dans la Psychologie du socialisme, que cette doctrine constituait une religion en voie de formation, très proche parente du christianisme à ses débuts. Comme le culte de Moloch, elle fait malheureusement partie des croyances funestes aux peuples qui les adoptèrent.