Le Comte de Monte-Cristo, Tome II (1844), poursuit l'histoire d'Edmond Dantès qui, sa fortune fabuleuse récupérée sur l'île de Monte-Cristo, fait son entrée fracassante dans la haute société parisienne sous cette nouvelle identité de comte aussi mystérieux que richissime, multipliant les prodiges de générosité calculée et les excentricités spectaculaires qui lui ouvrent bientôt les portes des salons les plus fermés, y compris ceux de ses trois anciens ennemis parvenus entre-temps à des positions sociales éminentes : Danglars devenu baron et banquier prospère, Fernand devenu comte de Morcerf et pair de France après avoir épousé Mercédès, la propre fiancée de Dantès autrefois abandonnée à son sort, et Villefort devenu procureur du roi. Dumas y développe la reconstitution méthodique et patiente du réseau de renseignement et d'alliances que Monte-Cristo tisse autour de ses trois cibles, renouant discrètement avec la famille Morrel qu'il avait lui-même secrètement sauvée de la ruine des années plus tôt sans révéler son identité de bienfaiteur, tout en faisant la connaissance d'Haydée, jeune esclave grecque d'une beauté et d'une noblesse remarquables qu'il a rachetée et affranchie, fille du pacha Ali de Janina trahi et assassiné autrefois par Fernand lui-même, révélation dont le comte détient déjà la preuve vivante sans encore la dévoiler publiquement. Ce tome installe ainsi méthodiquement toutes les pièces du dispositif de vengeance que Monte-Cristo orchestrera dans les tomes suivants, chaque relation nouée dans les salons parisiens se révélant en réalité un rouage calculé de sa stratégie de destruction méthodique, tout en approfondissant le mystère et la fascination trouble qu'exerce sur son entourage ce personnage aux ressources et aux connaissances presque surnaturelles. Par la mise en place minutieuse de son réseau de vengeance au cœur même de la société qui l'a jadis broyé, ce second tome prépare le déchaînement de représailles qui structurera la suite du roman.