Scène VI
HUGHES, JORIS, JANE.
JANE, entrant en coup de vent.
Quelle foule ! quelle foule ! J’ai eu toute la peine du monde à arriver… Les rues sont encombrées. (Se tournant vers Joris.) Bonjour, monsieur Borluut, je ne vous avais pas vu.
JORIS.
Madame…
JANE.
À la bonne heure ! Ce n’est plus Bruges-la-Morte, aujourd’hui !
JORIS.
En effet, la ville est ressuscitée. On dirait que tous les personnages de Van Eyck et de Memling, les héros, les saints, les guerriers, les donateurs, se sont animés pour un jour et peuplent la ville.
JANE.
Et toi, Hughes, tu ne parles pas ? Tu as l’air maussade.
HUGHES.
Je suis contrarié.
JANE.
Qu’as-tu ?
HUGHES.
Barbe m’a donné congé. Et elle part à l’instant même.
JANE.
Bah ! on la remplacera.
HUGHES.
Oui, mais il y a cinq années qu’elle est ici… Ces adieux me font toujours mal.