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Classiquesen Ligne

Scène XI


HUGHES, BARBE. Entr’ouvrant la porte, elle paraît sur le seuil, toujours en costume de sortie, avec sa grande mante ; elle s’avance indécise vers Hughes.
BARBE.

C’est moi… Que monsieur m’excuse… je suis rentrée pour chercher la corbeille… Je n’ai pas pu voir sans fleurs le devant de la maison… il n’en manque qu’ici, et la procession va passer…

Elle s’avance et prend la corbeille.
HUGHES.

Vous arrivez à propos, Barbe. Je savais bien que vous étiez dans la cuisine… J’ai trop chaud. J’ai trop froid aussi. Faites vite du feu. Écoutez… mes dents claquent… Donnez-moi du vin blanc, et de la glace surtout. Je brûle…

BARBE, épouvantée.

Qu’est-ce qu’il dit là ? (Elle a fait un pas et voit le cadavre.) Mon Dieu ! Mon Dieu ! qu’est-il arrivé ?

HUGHES, se lève, la prend par le bras, la mène devant le corps.

Barbe, nous allons être bien heureux… La morte, vous savez bien, ma morte… elle est revenue… Il y en a une autre qui lui ressemblait un peu. Elles se ressemblent tout à fait, maintenant… Elles sont de la même pâleur… Il n’y a plus qu’une morte, ma morte… La voilà, Barbe. Elle va toujours demeurer avec nous. Nous serons bien heureux…

BARBE.

Mon Dieu !… Il l’a tuée… Il est fou… (Elle dépose la corbeille et court à la porte du salon.) Au secours !…

On entend les cantiques plus proches, la musique des serpents et des ophicléides.

HUGHES. Il s’agenouille, prend par poignées des fleurs coupées dans la corbeille et les sème sur le cadavre.

Ce n’est pas moi… c’est la chevelure !


FIN
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