Scène XI
C’est moi… Que monsieur m’excuse… je suis rentrée pour chercher la corbeille… Je n’ai pas pu voir sans fleurs le devant de la maison… il n’en manque qu’ici, et la procession va passer…
Vous arrivez à propos, Barbe. Je savais bien que vous étiez dans la cuisine… J’ai trop chaud. J’ai trop froid aussi. Faites vite du feu. Écoutez… mes dents claquent… Donnez-moi du vin blanc, et de la glace surtout. Je brûle…
Qu’est-ce qu’il dit là ? (Elle a fait un pas et voit le cadavre.) Mon Dieu ! Mon Dieu ! qu’est-il arrivé ?
Barbe, nous allons être bien heureux… La morte, vous savez bien, ma morte… elle est revenue… Il y en a une autre qui lui ressemblait un peu. Elles se ressemblent tout à fait, maintenant… Elles sont de la même pâleur… Il n’y a plus qu’une morte, ma morte… La voilà, Barbe. Elle va toujours demeurer avec nous. Nous serons bien heureux…
Mon Dieu !… Il l’a tuée… Il est fou… (Elle dépose la corbeille et court à la porte du salon.) Au secours !…
On entend les cantiques plus proches, la musique des serpents et des ophicléides.
Ce n’est pas moi… c’est la chevelure !