Scène X
SAINT-ALBIN, CÉCILE, GERMEUIL.
(Pendant qu’il est dans cette situation, Cécile et Germeuil entrent.)
Germeuil, s’arrêtant sur le fond, et regardant tristement Saint-Albin, dit à Cécile :
Le voilà, le malheureux ! il est accablé, et il ignore que dans ce moment… Que je le plains !… Mademoiselle, parlez-lui.
Cécile.
Saint-Albin…
Saint-Albin, qui ne les voit point, mais qui les entend approcher, leur crie, sans les regarder :
Qui que vous soyez, allez retrouver les barbares qui vous envoient. Retirez-vous.
Cécile.
Mon frère, c’est moi ; c’est Cécile qui connaît votre peine, et qui vient à vous.
Saint-Albin, toujours dans la même position.
Retirez-vous.
Cécile.
Je m’en irai, si je vous afflige.
saint-albin.
Vous m’affligez. (Cécile s’en va ; mais son frère la rappelle d’une voix faible et douloureuse.) Cécile !
cécile, se rapprochant de son frère.
Mon frère ?
saint-albin, la prenant par la main, sans changer de situation
et sans la regarder.
et sans la regarder.
Elle m’aimait ! ils me l’ont ôtée ; elle me fuit.
germeuil, à lui-même.
Plût au ciel !
saint-albin.
J’ai tout perdu… Ah !
cécile.
Il vous reste une sœur, un ami.
saint-albin, se relevant avec vivacité.
Où est Germeuil ?
cécile.
Le voilà.
saint-albin, se promène un moment en silence, puis il dit :
Ma sœur, laissez-nous. (Cécile parle bas à Germeuil et sort.)