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Classiquesen Ligne
Jules Verne
Le Sphinx des glaces
MDCCCXCVII
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Wikisource
XIXe siècle · 1897

Le Sphinx des glaces

1897Roman Français Roman
Mer et voyagesNature

Le Sphinx des glaces (1897) est la suite officielle que Jules Verne a tenu à donner aux Aventures d'Arthur Gordon Pym, l'unique roman d'Edgar Allan Poe resté inachevé sur une énigme jamais résolue, et raconte comment le narrateur Jeorling, embarqué à bord d'une goélette dans les mers australes, se retrouve entraîné vers l'Antarctique à la recherche du sort réel d'Arthur Pym et de ses compagnons, dont Verne imagine la suite du destin plusieurs décennies après le texte original de Poe. L'expédition découvre progressivement des indices troublants confirmant que le récit de Pym n'était pas pure fiction, jusqu'à la découverte finale d'un phénomène magnétique extraordinaire, un immense rocher polaire en forme de sphinx doté d'une force d'attraction magnétique colossale qui explique le mystère final resté sans réponse dans le texte de Poe. Verne, grand admirateur de Poe dont il salue explicitement le génie visionnaire dans ce roman, s'attache à donner une résolution scientifiquement plausible, selon sa méthode habituelle, à un mystère que Poe avait volontairement laissé irrésolu et fantastique, tout en rendant un hommage appuyé à l'un des rares écrivains qu'il reconnaissait comme un précurseur direct de son propre genre littéraire. Ce roman singulier, unique tentative de Verne de prolonger directement l'œuvre d'un autre écrivain, offre un témoignage fascinant du dialogue littéraire entre les deux pionniers de la littérature d'anticipation du XIXe siècle. Prépublié dans le Magasin d'éducation et de récréation durant toute l'année 1897 avant sa parution en volume chez Hetzel fils le 22 novembre suivant, le roman est illustré de soixante-huit gravures de George Roux, dont vingt grandes planches en chromotypographie couleur. Cette dédicace explicite à Poe, rare geste d'hommage direct d'un écrivain à un autre dans l'œuvre de Verne, témoigne de l'admiration profonde et durable qu'il vouait à l'auteur américain depuis ses propres débuts littéraires, bien avant la rédaction de ce roman tardif.