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PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DU THÉ.

Le thé avant sa dessication est d’un beau vert plus ou moins foncé, suivant l’âge des feuilles : sa saveur est amère et stiptique. Les thés préparés que nous offre le commerce sont de diverses grosseurs, d’une odeur, d’une couleur et d’une saveur différentes, parce qu’ils sont plus ou moins jaunes, plus ou moins torréfiés, que les uns ont été passés dans l’eau bouillante, et les autres seulement séchés.

En général le thé impérial est d’un vert foncé.

Le thé vert, d’un vert puce.

Le thé Heysven, d’un vert bleuâtre.

Le thé-bout, d’un vert jaunâtre.

Le thé pecko, presque noir.

Le thé perlé, vert grisâtre.

Le thé saot-chaou, roux.

Ces nuances ne sont pas assez tranchées pour qu’on puisse s’en servir comme d’un caractère propre à distinguer les variétés de thé ; d’ailleurs il y a dans le commerce beaucoup de thés mêlés.

Si la couleur n’est pas constante, l’odeur est également incertaine. Quelle qu’elle soit, elle n’appartient pas à la plante, elle lui est communiquée par d’autres plantes aromatiques.

La fleur du thea a une odeur extrêmement faible, et ses feuilles sont inodores ; mais en supposant qu’elles eussent un parfum, cet arome disparaîtrait par la torréfaction. Les Chinois ont donc l’usage d’aromatiser le thé avec le chloranthus, que le docteur Lind a rapporté de la Chine en 1781, les fleurs de l’olivier odorant, (olea fragrans), le comelina sesaaqua, le jasmin d’Arabie, et le curcuma. Les marchands ajoutent encore à ces substances étrangères des coliers d’iris de Florence, qu’ils placent dans le fond des caisses.

Voilà déjà le thé déchu d’une de ses plus grandes prérogatives, puisqu’il est démontré que son odeur ne lui appartient pas, et que toute autre plante inodore, traitée de la même manière, et mêlée avec le chloranthus, l’iris, l’olivier odorant, etc. fournirait une boisson aussi suave.