Les Caprices de Marianne (Charpentier, 1888) — ADDITIONS ET VARIANTES EXÉCUTÉES PAR L’AUTEUR POUR LA REPRÉSENTATION
ADDITIONS ET VARIANTES
EXÉCUTÉES PAR L’AUTEUR
POUR LA REPRÉSENTATION
1. —
Eh bien ! Pippo tu viens de voir Marianne[1] ?
Oui, monsieur.
Que t’a-t-elle dit ? etc.
2. —
Touche là. Depuis que je suis au monde, je n’ai jamais trompé personne, et je ne commencerai pas par mon meilleur ami.
3. —
Ma foi ! elle a de beaux yeux !
- Voyant entrer Claudio et Tibia.
Ah ! voici Claudio. Ce n’est pas tout à fait la même chose, et je ne me soucie guère de continuer la conversation avec lui.
Tu as raison.
Bonsoir, cousin.
Bonsoir.
- À Tibia.
Tu as raison.
Cousin, bonsoir.
- Il sort en riant.
Bonsoir, bonsoir.
- À Tibia.
Tu as raison, et ma femme est un trésor de pureté. (Suit la scène III, jusqu’à ces mots :) Rapporte-t’en à moi. — Il faut que je fasse part de cette découverte à ma belle-mère.
Monsieur, la voici justement
Qui ? ma belle-mère ?
Non, Hermia, notre voisine. Ne parliez-vous pas d’elle tout à l’heure ?
Oui, comme étant la mère de Cœlio ; et c’est la vérité, Tibia.
Eh bien ! elle vient de ce côté, avec un, deux, trois laquais. C’est une femme respectable.
Oui, ses biens sont considérables.
J’entends aussi qu’elle a de bonnes mœurs. Si vous l’abordiez, monsieur ?
Y penses-tu ? La mère d’un jeune homme que serai peut-être obligé de faire poignarder ce soir même ? Sa propre mère, Tibia ! Fi donc ! Je ne reconnais pas là ton habitude des convenances. Viens, Tibia, rentrons au logis.
- Ils sortent.
4. —
(Cette scène, transposée par l’auteur pour la représentation, s’enchaîne avec celle entre Claudio et Tibia, et termine le premier acte.)
5. —
… On trouva dans sa chambre le pauvre jeune homme frappé de plusieurs coups d’épée.
Il a fini ainsi ?
Oui, bien cruellement.
Non, ma mère, elle n’est point cruelle la mort qui vient en aide à l’amour sans espoir. La seule chose dont je le plaigne, c’est qu’il s’est cru trompé par son ami.
Qu’avez-vous, Cœlio ? Vous détournez la tête.
Et vous, ma mère, vous êtes émue. Ah ! ce récit, je le vois, vous a trop coûté. J’ai eu le tort de vous le demander.
Ne songez point à mes chagrins ; ce ne sont que des souvenirs. Les vôtres me touchent bien davantage. Si vous refusez de les combattre, ils ont longtemps à vivre dans votre jeune cœur. Je ne vous demande pas de me les dire ; mais je les vois ; et puisque vous prenez part aux miens, venez, tâchons de nous défendre. Il y a à la maison quelques bons amis ; allons essayer de nous distraire. Tâchons de vivre, mon enfant, et de regarder gaiement ensemble, moi le passé, vous l’avenir. Venez.
- Cœlio, plongé dans la rêverie, ne l’entend pas.
Cœlio, donnez-moi la main.
- Ils sortent.
- ↑ Il n’est pas besoin de dire pourquoi, dans la version destinée au théâtre, le personnage de Ciuta est remplacé par celui de Pippo, valet de Cœlio.
- ↑ Il n’est pas besoin de dire pourquoi, dans la version destinée au théâtre, le personnage de Ciuta est remplacé par celui de Pippo, valet de Cœlio.