Aller au contenu principal

Les Caprices de Marianne (Charpentier, 1888)ADDITIONS ET VARIANTES EXÉCUTÉES PAR L’AUTEUR POUR LA REPRÉSENTATION

Les Caprices de Marianne (Charpentier, 1888)
Chapitre 5 / 11

ADDITIONS ET VARIANTES
EXÉCUTÉES PAR L’AUTEUR
POUR LA REPRÉSENTATION


1.

Cœlio.

Eh bien ! Pippo tu viens de voir Marianne[1] ?

Pippo.

Oui, monsieur.

Cœlio.

Que t’a-t-elle dit ? etc.


2.

Octave.

Touche là. Depuis que je suis au monde, je n’ai jamais trompé personne, et je ne commencerai pas par mon meilleur ami.


3.

Octave.

Ma foi ! elle a de beaux yeux !

Voyant entrer Claudio et Tibia.

Ah ! voici Claudio. Ce n’est pas tout à fait la même chose, et je ne me soucie guère de continuer la conversation avec lui.

Claudio, à Tibia.

Tu as raison.

Octave, à Claudio.

Bonsoir, cousin.

Claudio.

Bonsoir.

À Tibia.

Tu as raison.

Octave.

Cousin, bonsoir.

Il sort en riant.
Claudio.

Bonsoir, bonsoir.

À Tibia.

Tu as raison, et ma femme est un trésor de pureté. (Suit la scène III, jusqu’à ces mots :) Rapporte-t’en à moi. — Il faut que je fasse part de cette découverte à ma belle-mère.

Tibia.

Monsieur, la voici justement

Claudio.

Qui ? ma belle-mère ?

Tibia.

Non, Hermia, notre voisine. Ne parliez-vous pas d’elle tout à l’heure ?

Claudio.

Oui, comme étant la mère de Cœlio ; et c’est la vérité, Tibia.

Tibia.

Eh bien ! elle vient de ce côté, avec un, deux, trois laquais. C’est une femme respectable.

Claudio.

Oui, ses biens sont considérables.

Tibia.

J’entends aussi qu’elle a de bonnes mœurs. Si vous l’abordiez, monsieur ?

Claudio.

Y penses-tu ? La mère d’un jeune homme que serai peut-être obligé de faire poignarder ce soir même ? Sa propre mère, Tibia ! Fi donc ! Je ne reconnais pas là ton habitude des convenances. Viens, Tibia, rentrons au logis.

Ils sortent.


4.


HERMIA, MALVOLIO, plusieurs domestiques, puis CŒLIO.

(Cette scène, transposée par l’auteur pour la représentation, s’enchaîne avec celle entre Claudio et Tibia, et termine le premier acte.)


5.

Hermia.

… On trouva dans sa chambre le pauvre jeune homme frappé de plusieurs coups d’épée.

Cœlio.

Il a fini ainsi ?

Hermia.

Oui, bien cruellement.

Cœlio.

Non, ma mère, elle n’est point cruelle la mort qui vient en aide à l’amour sans espoir. La seule chose dont je le plaigne, c’est qu’il s’est cru trompé par son ami.

Hermia.

Qu’avez-vous, Cœlio ? Vous détournez la tête.

Cœlio.

Et vous, ma mère, vous êtes émue. Ah ! ce récit, je le vois, vous a trop coûté. J’ai eu le tort de vous le demander.

Hermia.

Ne songez point à mes chagrins ; ce ne sont que des souvenirs. Les vôtres me touchent bien davantage. Si vous refusez de les combattre, ils ont longtemps à vivre dans votre jeune cœur. Je ne vous demande pas de me les dire ; mais je les vois ; et puisque vous prenez part aux miens, venez, tâchons de nous défendre. Il y a à la maison quelques bons amis ; allons essayer de nous distraire. Tâchons de vivre, mon enfant, et de regarder gaiement ensemble, moi le passé, vous l’avenir. Venez.

Cœlio, plongé dans la rêverie, ne l’entend pas.
Hermia, plus haut.

Cœlio, donnez-moi la main.

Ils sortent.
FIN DE L’ACTE PREMIER.



  1. Il n’est pas besoin de dire pourquoi, dans la version destinée au théâtre, le personnage de Ciuta est remplacé par celui de Pippo, valet de Cœlio.




  1. Il n’est pas besoin de dire pourquoi, dans la version destinée au théâtre, le personnage de Ciuta est remplacé par celui de Pippo, valet de Cœlio.


Chapitre suivantScène première