Les Caprices de Marianne (Charpentier, 1888) — Scène VI
Scène VI
Moi seul au monde je l’ai connu. Cette urne d’albâtre, couverte de ce long voile de deuil, est sa parfaite image. C’est ainsi qu’une douce mélancolie voilait les perfections de cette âme tendre et délicate. [Pour moi seul, cette vie silencieuse n’a point été un mystère. Les longues soirées que nous avons passées ensemble sont comme de fraîches oasis dans un désert aride ; elles ont versé sur mon cœur les seules gouttes de rosée qui y soient jamais tombées. Cœlio était la bonne partie de moi-même ; elle est remontée au ciel avec lui. C’était un homme d’un autre temps ; il connaissait les plaisirs, et leur préférait la solitude ; il savait combien les illusions sont trompeuses, et il préférait ses illusions à la réalité.] Elle eût été heureuse la femme qui l’eût aimé.
Ne serait-elle point heureuse, Octave, la femme qui t’aimerait ?
Je ne sais point aimer ; Cœlio seul le savait. [La cendre que renferme cette tombe est tout ce que j’ai aimé sur la terre, tout ce que j’aimerai.] Lui seul savait verser dans une autre âme toutes les sources de bonheur qui reposaient dans la sienne. Lui seul était capable d’un dévouement sans bornes ; lui seul eût consacré sa vie entière à la femme qu’il aimait, aussi facilement qu’il aurait bravé la mort pour elle. Je ne suis qu’un débauché sans cœur ; je n’estime point les femmes ; l’amour que j’inspire est comme celui que je ressens, l’ivresse passagère d’un songe. Je ne sais pas les secrets qu’il savait. Ma gaieté est comme le masque d’un histrion ; mon cœur est plus vieux qu’elle[, mes sens blasés n’en veulent plus]. Je ne suis qu’un lâche ; sa mort n’est point vengée.
Comment aurait-elle pu l’être, à moins de risquer votre vie ? Claudio est trop vieux pour accepter un duel, et trop puissant dans cette ville pour rien craindre de vous.
Cœlio m’aurait vengé si j’étais mort pour lui comme il est mort pour moi. [Ce tombeau m’appartient ;] c’est moi qu’ils ont étendu sous cette froide pierre ; c’est pour moi qu’ils avaient aiguisé leurs épées ; c’est moi qu’ils ont tué. Adieu la gaieté de ma jeunesse ; l’insouciante folie, la vie libre et joyeuse au pied du Vésuve ! Adieu les bruyants repas, les causeries du soir, les sérénades sous les balcons dorés ! Adieu Naples et ses femmes, les mascarades à la lueur des torches, les longs soupers à l’ombre des forêts ! Adieu l’amour et l’amitié ! ma place est vide sur la terre.
Mais non pas dans mon cœur, Octave. Pourquoi dis-tu : Adieu l’amour ?
Je ne vous aime pas, Marianne ; c’était Cœlio qui vous aimait !
6. —
Et que ma vie est dans ses yeux.
Et que diantre as-tu à faire de la mort ? À propos de quoi y penses-tu ?
Mon ami, je l’ai devant les yeux.
La mort ?
Oui, l’amour et la mort.
Qu’est-ce à dire ?
L’amour et la mort, Octave, se tiennent la main. Celui-là est la source du plus grand bonheur que l’homme puisse rencontrer ici-bas ; celle-ci met un terme à toutes les douleurs, à tous les maux.
C’est un livre que tu as là ?
Oui, et que tu n’as probablement pas lu.
Très probablement. Quand on en lit un, il n’y a pas de raison pour ne pas lire tous les autres.
« Lorsque le cœur éprouve sincèrement un profond sentiment d’amour, il éprouve aussi comme une fatigue et une langueur qui lui font désirer de mourir. Pourquoi ? je ne sais pas[1]. »
Ni moi non plus.
« Peut-être est-ce l’effet d’un premier amour, peut-être que ce vaste désert où nous sommes effraye les regards de celui qui aime, peut-être que cette terre ne lui semble plus habitable, s’il n’y peut trouver ce bonheur nouveau, unique, infini que son cœur lui représente. »
Ah ! çà, à qui en as-tu ?
« Le paysan, l’artisan grossier, qui ne sait rien ; la jeune fille timide, qui frémit d’ordinaire à la seule pensée de la mort, s’enhardit, lorsqu’elle aime, jusqu’à porter son regard sur un tombeau. » — Octave ! la mort nous mène à Dieu, et mes genoux plient quand j’y pense. Bonsoir, mon cher ami.
Où vas-tu ?
J’ai affaire en ville ce soir.
Tu as l’air d’aller te noyer. Cette mort dont tu parles, est-ce que tu en as peur, par hasard ?
Ah ! que j’eusse pu me faire un nom dans les tournois et les batailles ! (Suit la tirade de la scène II entre Ciuta et Cœlio.)
Voyons, Cœlio, à quoi penses-tu ? Il y a d’autres Mariannes sous le ciel. Soupons ensemble et moquons-nous de cette Marianne-là.
Adieu, adieu. Je ne puis m’arrêter plus longtemps, je te verrai demain, mon ami.
- Il sort.
Par le ciel ! voilà qui est étrange ! Ah ! voici Marianne qui sort. Elle va sans doute à vêpres. — Elle approche lentement. — Belle Marianne, vous dormirez tranquillement, etc.
7. —
Une chanson sous la fenêtre, un bon manteau bien long, un poignard dans la poche, un masque sur le nez. — As-tu un masque ?
Non.
Point de masque ! — Amoureux et en carnaval ! Ce garçon-là ne pense à rien. Va donc t’équiper au plus vite.
Ah ! mon Dieu ! le cœur me manque.
Courage, ami ! en route ! Tu m’embrasseras en revenant. En route ! en route ! la nuit s’avance.
- Cœlio sort.
Le cœur lui manque ! dit-il. Et à moi aussi… Pour récompense de mes peines, je vais me donner à souper.
- Appelant.
Hé ! hola ! Giovanni ! Beppo !
- Il entre dans le cabaret.
DEUX SPADASSINS.
Laissez-le entrer, et jetez-vous sur lui dès qu’il sera parvenu à ce bosquet.
Que vois-je ? mon mari et Tibia ?
Et s’il entre par l’autre côté ?
Comment, Tibia, par l’autre côté ? Verrai-je ainsi échouer tout mon plan ?
Que disent-ils ?
Cette place étant un carrefour, on peut y venir à droite et à gauche.
Tu as raison, je n’y avais pas songé.
Que faire, monsieur, s’il arrive par la gauche ?
Alors, attendez-le au coin du mur.
Ô ciel ! qu’ai-je entendu ?
Et s’il se présente par la droite ?
Attendez un peu. — Vous ferez la même chose.
Comment avertir Octave ?
Le voilà qui arrive, etc…
… Demain, trouvez-vous à midi, derrière le jardin, j’y serai.
Ô mort ! puisque tu es là, viens donc à mon secours. Octave, traître Octave ! puisse mon sang retomber sur toi ! Dans quel but, dans quel intérêt tu m’as envoyé dans ce piège affreux, je ne puis le comprendre ; mais je le saurai, puisque j’y suis venu, et, fût-ce aux dépens de ma vie, j’apprendrai le mot de cette horrible énigme.
- Il entre dans le jardin ; Tibia l’y suit et ferme la grille en dedans.
Ah ! où vais-je aller à présent ? J’ai fait quelque chose pour le bonheur d’autrui, qu’inventerai-je pour mon plaisir ? Ma foi, voilà une belle nuit, et vraiment celle-ci doit m’être comptée. En vérité, cette femme était belle, etc… Où est donc la raison de tout cela ? La raison de tout, c’est la fortune ! Il n’y a qu’heur et malheur en ce monde. Cœlio n’était-il pas désolé ce matin ? et maintenant…
- On entend un bruit sourd et un cliquetis d’épées dans le jardin.
Qu’ai-je entendu ? quel est ce bruit ?
À moi !
Cœlio ! c’est la voix de Coelio !
- Courant à la grille et la secouant.
Ouvrez, ou j’enfonce la grille !
Que voulez-vous ? etc.
- Octave entre dans le jardin.
Maintenant songeons à ma femme, et allons prévenir sa mère.
- Il sort.
Cela est certain ; je ne me trompe pas : j’ai bien entendu. Derrière la maison, à travers les arbres, j’ai vu des ombres, dispersées ça et là, se joindre tout à coup et fondre sur lui. J’ai entendu le bruit des épées, puis un cri étouffé, le plus sinistre, le dernier appel ! — Pauvre Octave ! Tout brave qu’il est (car il est brave), ils l’ont surpris, ils l’ont entraîné. — Est-il possible qu’une pareille faute soit payée si cher ? Est-il possible que si peu de bon sens puisse donner tant de cruauté ! Et moi qui ai agi si légèrement, si follement, par pur caprice ! — Il faut que je voie, il faut que je sache….
Octave ! est-ce vous ?
C’est moi, Marianne. Cœlio n’est plus !
Cœlio, dites-vous ? Comment se peut-il ?
Il n’est plus !
Ô ciel !
- Elle marche vers le jardin.
Il n’est plus ! N’allez pas par là.
Où voulez-vous que j’aille ? Je suis perdue ! Il faut partir, Octave ; il faut fuir ! Claudio sûrement n’est pas dans la maison ?
Non ; ils ont pris leurs précautions, et m’ont laissé prudemment seul.
Je le connais, je suis perdue ; et vous aussi peut-être. — Partons ! ils vont revenir tout à l’heure.
Partez si vous voulez, je reste. S’ils doivent revenir, ils me trouveront, et, quoi qu’il advienne, je les attendrai. Je veux veiller près de lui dans son dernier sommeil.
Mais moi, m’abandonnerez-vous ? Savez-vous à quel danger vous vous exposez, et jusqu’où peut aller leur vengeance ?
Regardez là-bas, derrière ces arbres, cette petite place sombre, au coin de la muraille : là est couché mon seul ami. Quant au reste, je ne m’en soucie guère.
Pas même de votre vie, ni de la mienne ?
Pas même de cela. Regardez là-bas. Moi seul je l’ai connu. Posez sur sa tombe une urne d’albâtre, couverte d’un long voile de deuil, ce sera sa parfaite image. C’est ainsi qu’une douce mélancolie, etc.
- ↑
« Quando novellamente
« Nasce nel cor profundo, » etc.Poésies de Leopardi.
Cette comédie a été imaginée, écrite et imprimée en moins de six semaines. Lorsque le drame d’André del Sarto eut paru dans la Revue des Deux Mondes, le 1er avril 1833, l’auteur se remit aussitôt à l’ouvrage, et les Caprices de Marianne paraissaient dans le même recueil, le 15 mai suivant. Cette pièce fit ensuite partie du Spectacle dans un fauteuil, qui, dans la pensée du poëte, ne devait jamais arriver au théâtre. Cependant elle lui fut demandée, en 1851, par la Comédie-Française ; c’est alors qu’il exécuta les changements que nous venons d’indiquer. Parmi les additions se trouve une scène entre Octave et Cœlio, dans laquelle l’auteur a introduit une citation des poésies de Leopardi. Alfred de Musset avait une grande admiration pour ce jeune poëte italien, enlevé par une mort prématurée, et auquel il avait déjà adressé une pièce de vers intitulée : Après une lecture. La comédie des Caprices de Marianne fut représentée pour la première fois au Théâtre-Français, le 14 juin 1851. On la joue encore aujourd’hui, et le public semble prendre, chaque fois, plus de plaisir à l’entendre.
6. —
Et que ma vie est dans ses yeux.
Et que diantre as-tu à faire de la mort ? À propos de quoi y penses-tu ?
Mon ami, je l’ai devant les yeux.
La mort ?
Oui, l’amour et la mort.
Qu’est-ce à dire ?
L’amour et la mort, Octave, se tiennent la main. Celui-là est la source du plus grand bonheur que l’homme puisse rencontrer ici-bas ; celle-ci met un terme à toutes les douleurs, à tous les maux.
C’est un livre que tu as là ?
Oui, et que tu n’as probablement pas lu.
Très probablement. Quand on en lit un, il n’y a pas de raison pour ne pas lire tous les autres.
« Lorsque le cœur éprouve sincèrement un profond sentiment d’amour, il éprouve aussi comme une fatigue et une langueur qui lui font désirer de mourir. Pourquoi ? je ne sais pas[1]. »
Ni moi non plus.
« Peut-être est-ce l’effet d’un premier amour, peut-être que ce vaste désert où nous sommes effraye les regards de celui qui aime, peut-être que cette terre ne lui semble plus habitable, s’il n’y peut trouver ce bonheur nouveau, unique, infini que son cœur lui représente. »
Ah ! çà, à qui en as-tu ?
« Le paysan, l’artisan grossier, qui ne sait rien ; la jeune fille timide, qui frémit d’ordinaire à la seule pensée de la mort, s’enhardit, lorsqu’elle aime, jusqu’à porter son regard sur un tombeau. » — Octave ! la mort nous mène à Dieu, et mes genoux plient quand j’y pense. Bonsoir, mon cher ami.
Où vas-tu ?
J’ai affaire en ville ce soir.
Tu as l’air d’aller te noyer. Cette mort dont tu parles, est-ce que tu en as peur, par hasard ?
Ah ! que j’eusse pu me faire un nom dans les tournois et les batailles ! (Suit la tirade de la scène II entre Ciuta et Cœlio.)
Voyons, Cœlio, à quoi penses-tu ? Il y a d’autres Mariannes sous le ciel. Soupons ensemble et moquons-nous de cette Marianne-là.
Adieu, adieu. Je ne puis m’arrêter plus longtemps, je te verrai demain, mon ami.
- Il sort.
Par le ciel ! voilà qui est étrange ! Ah ! voici Marianne qui sort. Elle va sans doute à vêpres. — Elle approche lentement. — Belle Marianne, vous dormirez tranquillement, etc.
7. —
Une chanson sous la fenêtre, un bon manteau bien long, un poignard dans la poche, un masque sur le nez. — As-tu un masque ?
Non.
Point de masque ! — Amoureux et en carnaval ! Ce garçon-là ne pense à rien. Va donc t’équiper au plus vite.
Ah ! mon Dieu ! le cœur me manque.
Courage, ami ! en route ! Tu m’embrasseras en revenant. En route ! en route ! la nuit s’avance.
- Cœlio sort.
Le cœur lui manque ! dit-il. Et à moi aussi… Pour récompense de mes peines, je vais me donner à souper.
- Appelant.
Hé ! hola ! Giovanni ! Beppo !
- Il entre dans le cabaret.
DEUX SPADASSINS.
Laissez-le entrer, et jetez-vous sur lui dès qu’il sera parvenu à ce bosquet.
Que vois-je ? mon mari et Tibia ?
Et s’il entre par l’autre côté ?
Comment, Tibia, par l’autre côté ? Verrai-je ainsi échouer tout mon plan ?
Que disent-ils ?
Cette place étant un carrefour, on peut y venir à droite et à gauche.
Tu as raison, je n’y avais pas songé.
Que faire, monsieur, s’il arrive par la gauche ?
Alors, attendez-le au coin du mur.
Ô ciel ! qu’ai-je entendu ?
Et s’il se présente par la droite ?
Attendez un peu. — Vous ferez la même chose.
Comment avertir Octave ?
Le voilà qui arrive, etc…
… Demain, trouvez-vous à midi, derrière le jardin, j’y serai.
Ô mort ! puisque tu es là, viens donc à mon secours. Octave, traître Octave ! puisse mon sang retomber sur toi ! Dans quel but, dans quel intérêt tu m’as envoyé dans ce piège affreux, je ne puis le comprendre ; mais je le saurai, puisque j’y suis venu, et, fût-ce aux dépens de ma vie, j’apprendrai le mot de cette horrible énigme.
- Il entre dans le jardin ; Tibia l’y suit et ferme la grille en dedans.
Ah ! où vais-je aller à présent ? J’ai fait quelque chose pour le bonheur d’autrui, qu’inventerai-je pour mon plaisir ? Ma foi, voilà une belle nuit, et vraiment celle-ci doit m’être comptée. En vérité, cette femme était belle, etc… Où est donc la raison de tout cela ? La raison de tout, c’est la fortune ! Il n’y a qu’heur et malheur en ce monde. Cœlio n’était-il pas désolé ce matin ? et maintenant…
- On entend un bruit sourd et un cliquetis d’épées dans le jardin.
Qu’ai-je entendu ? quel est ce bruit ?
À moi !
Cœlio ! c’est la voix de Coelio !
- Courant à la grille et la secouant.
Ouvrez, ou j’enfonce la grille !
Que voulez-vous ? etc.
- Octave entre dans le jardin.
Maintenant songeons à ma femme, et allons prévenir sa mère.
- Il sort.
Cela est certain ; je ne me trompe pas : j’ai bien entendu. Derrière la maison, à travers les arbres, j’ai vu des ombres, dispersées ça et là, se joindre tout à coup et fondre sur lui. J’ai entendu le bruit des épées, puis un cri étouffé, le plus sinistre, le dernier appel ! — Pauvre Octave ! Tout brave qu’il est (car il est brave), ils l’ont surpris, ils l’ont entraîné. — Est-il possible qu’une pareille faute soit payée si cher ? Est-il possible que si peu de bon sens puisse donner tant de cruauté ! Et moi qui ai agi si légèrement, si follement, par pur caprice ! — Il faut que je voie, il faut que je sache….
Octave ! est-ce vous ?
C’est moi, Marianne. Cœlio n’est plus !
Cœlio, dites-vous ? Comment se peut-il ?
Il n’est plus !
Ô ciel !
- Elle marche vers le jardin.
Il n’est plus ! N’allez pas par là.
Où voulez-vous que j’aille ? Je suis perdue ! Il faut partir, Octave ; il faut fuir ! Claudio sûrement n’est pas dans la maison ?
Non ; ils ont pris leurs précautions, et m’ont laissé prudemment seul.
Je le connais, je suis perdue ; et vous aussi peut-être. — Partons ! ils vont revenir tout à l’heure.
Partez si vous voulez, je reste. S’ils doivent revenir, ils me trouveront, et, quoi qu’il advienne, je les attendrai. Je veux veiller près de lui dans son dernier sommeil.
Mais moi, m’abandonnerez-vous ? Savez-vous à quel danger vous vous exposez, et jusqu’où peut aller leur vengeance ?
Regardez là-bas, derrière ces arbres, cette petite place sombre, au coin de la muraille : là est couché mon seul ami. Quant au reste, je ne m’en soucie guère.
Pas même de votre vie, ni de la mienne ?
Pas même de cela. Regardez là-bas. Moi seul je l’ai connu. Posez sur sa tombe une urne d’albâtre, couverte d’un long voile de deuil, ce sera sa parfaite image. C’est ainsi qu’une douce mélancolie, etc.
- ↑
« Quando novellamente
« Nasce nel cor profundo, » etc.Poésies de Leopardi.
Cette comédie a été imaginée, écrite et imprimée en moins de six semaines. Lorsque le drame d’André del Sarto eut paru dans la Revue des Deux Mondes, le 1er avril 1833, l’auteur se remit aussitôt à l’ouvrage, et les Caprices de Marianne paraissaient dans le même recueil, le 15 mai suivant. Cette pièce fit ensuite partie du Spectacle dans un fauteuil, qui, dans la pensée du poëte, ne devait jamais arriver au théâtre. Cependant elle lui fut demandée, en 1851, par la Comédie-Française ; c’est alors qu’il exécuta les changements que nous venons d’indiquer. Parmi les additions se trouve une scène entre Octave et Cœlio, dans laquelle l’auteur a introduit une citation des poésies de Leopardi. Alfred de Musset avait une grande admiration pour ce jeune poëte italien, enlevé par une mort prématurée, et auquel il avait déjà adressé une pièce de vers intitulée : Après une lecture. La comédie des Caprices de Marianne fut représentée pour la première fois au Théâtre-Français, le 14 juin 1851. On la joue encore aujourd’hui, et le public semble prendre, chaque fois, plus de plaisir à l’entendre.