Les Indes noires (1877) se déroule dans les profondeurs d'une mine de charbon écossaise que l'on croyait entièrement épuisée et abandonnée depuis des années, jusqu'à ce que l'ancien contremaître Simon Ford découvre par hasard, au fond d'un puits oublié, un nouveau gisement de houille d'une richesse insoupçonnée, relançant toute l'exploitation minière et permettant même la construction d'une véritable cité souterraine, Coal-City, où toute une communauté vient s'installer à demeure au fond de la mine. Mais l'exploitation renaissante se heurte bientôt à une série de phénomènes inexplicables et inquiétants, sabotages mystérieux et signaux lumineux insolites, qui sèment le trouble parmi les mineurs superstitieux, avant que l'enquête menée par le jeune ingénieur Harry Ford et sa fiancée Nell, jeune fille mystérieuse recueillie au fond de la mine dans des circonstances énigmatiques, ne révèle la présence d'un ancien mineur reclus, devenu fou de solitude et de rancune, hostile à toute réouverture de « ses » galeries. Verne y mêle roman d'aventures souterraines, énigme quasi policière et réflexion sur l'exploitation industrielle du charbon, alors ressource énergétique majeure de la révolution industrielle britannique, offrant une plongée originale dans l'univers minier rarement traité avec autant de détails techniques dans la littérature de son temps. Prépublié en feuilleton dans Le Temps du 28 mars au 22 avril 1877 avant de paraître en volume chez Hetzel le 24 septembre suivant, le roman est illustré de quarante-cinq gravures de J. Férat. La cité souterraine de Coal-City, éclairée artificiellement en permanence puisque coupée de toute lumière naturelle, constitue l'une des inventions urbaines les plus originales imaginées par Verne, préfigurant à sa manière les réflexions ultérieures sur les villes entièrement artificielles. La romance discrète entre Harry Ford et la mystérieuse Nell, recueillie enfant dans les entrailles mêmes de la mine sans connaître sa propre origine, ajoute une dimension sentimentale à l'intrigue et permet à Verne de refermer le roman sur une réconciliation entre le monde souterrain et la surface.