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A MONSEIGNEUR  LE COMTE  D’ARGENSON,  MINISTRE  ET SECRETAIRE D’ETAT  DE LA GUERRE.

MONSEIGNEUR,

L’Ouvrage que j’ai l’honneur de vous présenter a pour objet une des parties du Génie qui concerne les fortifications dont le Roi vous a confié la direction générale. Dès là, MONSEIGNEUR, il entre dans les vûes que vous inspire le zéle parfait que vous avez pour le service de Sa Majesté, & le dessein où vous êtés de fournir le Royaume d’habiles Ingénieurs. Une premiere édition de ce Livre fut le fruit de mes premieres applications au Génie : de nouvelles réflexions m’ont mis en état d’y faire des changemens & des augmentations assez considérables pour me déterminer à vous l’offrir, MONSEIGNEUR, & à le mettre sous votre puissante protection.

Depuis long-tems, MONSEIGNEUR, le Corps des Ingénieurs souhaitoit passionnément de retourner sous les ordres du Ministre de la Guerre. Il se ressouvenoit, avec autant de fatisfaction que de reconnoissance, de la considération où il s’étoit vû & des faveurs dont il avoit été comblé du tems de M. de Louvois. Ce que nous desirions, le Roi nous l’a donné, lorsqu’il a réuni en votre personne le Ministere de la Guerre & la Direction générale des fortifications. Quelles flateuses espérances ne nous donne pas cette disposition de notre sage Monarque, à nous qui connoissons le fond de votre caractere toujours bienfaisant ! J’ose assurer, MONSEIGNEUR, que le Corps des Ingénieurs sera toujours parfaitement reconnoissant des graces qu’il recevra, & qu’en mon particulier, je n’oublierai rien pour mériter celles que votre bonté voudra faire tomber sur moi. C’est à quoi je me propose d’employer tout mon tems & de redoubler mes efforts pour seconder vos justes desirs & vous prouver le profond respect avec lequel jyai l’honneur d’être,

MONSEIGNEUR,

Votre très-humble & très-obéissant Serviteur,

BUCHOTTE.