Aller au contenu principal
Classiquesen Ligne

SECTION II.  De quelques ouvrages qui se font pour le siége d’une place, comme tranchées, batteries de canon & de mortiers, brêches, & autres. Dans quel goût & dans quel détail on doit exprimer le tout. Pl. 16.

L’Echelle des plans sur lesquels on marque ces ouvrages ne doit pas être moindre d’un pouce pour cent toises, ni plus grande que d’une ligne pour trois toises.

Nous allons donner l’attaque d’un font de fortification dans le goût de feu M. Gou-Ion, Ingenieur & Général de l’Empereur.

Les premiers travaux qui se font pour le siége d’une place & que l’on marque sur le plan, sont les tranchées, que l’on exprime par deux lignes noires paralleles, observant de faire celle du côté de la place plus grosse que l’autre, qui doit être déliée. La grosse ligne marque le côté où l’on jette les terres que l’on tire de la tranchée, qui est toujours celui de la place.

Ces tranchées ont ordinairement douze pieds de largeur ; celles par où doit passer l’artillerie en ont jusqu’à vingt-cinq. Les boyaux que l’on fait pour communiquer d’une tranchée à l’autre, ne doivent avoir tout au plus que six pieds de largeur, & comme, suivant l’échelle, on ne pourra pas marquer cette largeur, on les fera moins larges que les tranchées.

A l’égard des batteries de canon, on leur fera un parapet de dix-huit pieds d’épaisseur, percé d’embrasures, dont on lavera seulement les merlons d’une teinte entiere de gomme-gutte ; laissant les embrasures toutes blanches, comme aux autres batteries ; si l’on veut, on tirera une ligne parallele à trois toises de distance du parapet, pour marquer la plate-forme de la batterie.

Pour les batteries à mortier, elles se sont comme les précédentes, à l’exception qu’on ne leur fait point d’embrasures ; mais on fait de petits zeros sur la plate-forme, pour les distinguer des batteries de canon, & pour en marquer en quelque façon les mortiers. Voyez la pl. 16.

Les épaulemens que l’on fait pour couvrir la cavalerie, ne sont autre chose qu’un parapet de dix huit à vingt pieds d’épaisseur, que l’on dessine à l’encre de la Chine, & qu’on lave d’une teinte entiere de gomme-gutte ; mais comme ces épaulemens sont assez élevés, il leur faut marquer un talut en dehors & en dedans par une ligne noire très-déliée, parce qu’ils sont assez sensibles sur un plan dont l’échelle est d’une ligne pour trois toises, & on ne lave rien à ces taluts.

Lorsqu’il y a une force garnison dans la place assiégée, les assiégeans sont des redoutes qu’on dessine à l’encre de la Chine, & dont l’enceinte n’est aussi qu’un parapet qu’on lave d’une teinte entiere de gomme-gutte, & son fossé d’une demi-teinte de la même couleur.

Les sapes se marquent & se lavent comme les tranchées ainsi il n’y a nulle différence pour le dessein.

Lorsqu’on fait des mines ou des fourneaux, on en marque l’entrée par un petit zero que l’on emplit de noir, & les mines & fourneaux se marquent par des lignes ponctuées en noir.

Le passage du fossé pour attacher le Mineur, s’exprime par une traverse qu’on lave d’une teinte entiere de jaune.

Les bréches faites par le canon ou la mine, se dessinent à la plume ou au pinceau, & on les lave d’une demi-teinte de gomme-gutte.

Enfin les tranchées que les assiégés sont dans les ouvrages & dans la place, s’expriment par un parapet, au-devant duquel est un fossé qu’on lave d’une demi-teinte de gomme-gutte, & le parapet d’une teinte entiere.