SECTION III. De la maniere de dessiner les Armées campées & en bataille, & tout ce qui en dépend. Pl. 17. & 18.
ON fera ces sortes de plans sur l’échelle d’un pouce pour quatre cens toises, afin d’éviter qu’ils ne deviennent d’une grandeur embarrassante & extraordinaire, à cause de l’étendue de pays qu’une armée occupe ; & suivant cette échelle l’on représentera chaque ligne d’un camp ou d’une armée rangée en ordre de bataille, par un rectangle, qui sera, suivant l’échelle, de la même longueur & largeur que le terrein occupé par les troupes qui forment la ligne en question.
Enfin la distance d’un rectangle à un autre, sera aussi la même, selon l’echelle, que celle d’une ligne à l’autre, sur les lieux ; & l’on emplira ces rectangles de la couleur qui conviendra, c’est-à-dire en bleu, si c’est l’armée du Roi de France, & ainsi des autres Souverains, suivant les couleurs que nous leur attribuons dans la Section qui suit.
Si l’armée est campée, ou rangée en ordre de bataille, qui est ordinairement en deux lignes, autant qu’il est possible, pour présenter à l’ennemi un plus grand front, sans comprendre le corps de réserve, qui est sur les côtés ou à la queue, suivant que le terrein le permet, l’on observera de diviser par de petits intervalles chaque rectangle en trois parties, pour distinguer les trois membres dont chaque ligne est composée, que l’on nomme l’aîle droite, l’aile gauche, & le centre, & ces trois intervalles seront encore, suivant l’échelle, telles qu’elles seront sur le terrein : au surplus on pourra mettre par écrit au bas du plan par colonnes, dans un cadre particulier, le détail des Régimens en la forme qui suit, & pour cet effet nous prendrons pour modéle celui de Compiegne en 1698.