Le Collier de la reine (1849-1850), qui s'inscrit dans le cycle des Mémoires d'un médecin autour de la figure mystérieuse du comte de Cagliostro, romance la célèbre affaire du collier de la reine qui a durablement terni la réputation de Marie-Antoinette à la veille de la Révolution française. Dumas raconte comment l'aventurière Jeanne de La Motte, se faisant passer pour une intime de la reine, monte une escroquerie retentissante en manipulant le cardinal de Rohan, naïf et avide de retrouver les faveurs royales, pour lui faire acquérir en secret et à crédit un collier de diamants d'une valeur inouïe censé être destiné à la reine, avant de le faire disparaître et de le revendre pièce par pièce à son profit. Cagliostro, figure occulte et magnétique déjà présente dans les précédents romans du cycle, observe et influence en coulisses cette machination qui va déconsidérer durablement la monarchie aux yeux du peuple français, alors même que la reine, totalement innocente dans cette affaire, en paiera le prix en réputation jusque dans les prémices de la Révolution. Dumas mêle avec habileté l'intrigue historique réelle, largement documentée à son époque, à ses personnages récurrents de fiction, offrant une explication romanesque fascinante à l'un des scandales les plus retentissants de la fin de l'Ancien Régime. Ce roman reste l'un des meilleurs exemples du talent de Dumas pour transformer un fait historique authentique en trame romanesque haletante sans jamais trahir la vérité des grandes lignes de l'événement. L'affaire réelle, qui vit le cardinal de Rohan acquitté mais déchu et Jeanne de La Motte condamnée au fouet, au marquage au fer et à l'emprisonnement à vie, est aujourd'hui considérée par les historiens comme l'un des scandales ayant le plus contribué à l'impopularité de Marie-Antoinette à la veille de 1789. Ce roman s'inscrit dans le vaste cycle romanesque que Dumas consacre à la fin de l'Ancien Régime et à la Révolution, aux côtés d'Ange Pitou et de La Comtesse de Charny, fresque historique totalisant plusieurs milliers de pages centrées sur la figure récurrente de Joseph Balsamo, alias Cagliostro.