Monsieur Parent (1886) donne son titre à un recueil de nouvelles ouvert par le récit éponyme, qui raconte le désarroi d'un homme respectable et confiant, monsieur Parent, brutalement confronté à la découverte que sa femme le trompe depuis des années et que l'enfant qu'il croyait sien n'est peut-être pas de son sang, doute empoisonnant qui va ronger le reste de son existence sans qu'il puisse jamais obtenir de certitude absolue sur la paternité réelle de celui qu'il continue pourtant d'aimer comme son fils. Maupassant y explore avec sa lucidité psychologique habituelle le thème du doute sur la paternité et de l'amour paternel qui persiste malgré tout, indépendamment même de tout lien biologique avéré, thème qu'il retrouvera sous des formes voisines dans plusieurs autres nouvelles et dans le roman Pierre et Jean. Le recueil rassemble par ailleurs plusieurs autres textes emblématiques de la période de pleine maturité de l'auteur, confirmant sa capacité à transformer des situations de la vie quotidienne bourgeoise, en apparence banales, en drames intimes d'une profondeur psychologique universelle. Par la sobriété de son style et l'acuité de son regard sur les tourments intimes de la vie conjugale et familiale, ce recueil illustre une fois de plus la maîtrise absolue de Maupassant dans l'art de la nouvelle réaliste, genre qu'il a porté à un degré de perfection technique rarement égalé dans la littérature française du XIXe siècle. Publié chez Paul Ollendorff en 1886, ce recueil de trois cent vingt pages précède de deux ans Pierre et Jean, roman également publié par Ollendorff en 1888, où Maupassant approfondira ce même motif du doute sur la paternité déjà exploré dans la nouvelle-titre. Cette continuité thématique entre nouvelle et roman illustre la manière dont Maupassant retravaillait certains motifs obsédants d'un texte à l'autre, affinant sa réflexion sur des questions similaires sous des formes narratives différentes.