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Classiquesen Ligne
Pierre Corneille
Nicomède
XVIIᵉ siècle
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Domaine public · libre & gratuit
Source : Gallica / Bibliothèque nationale de France
XVIIᵉ siècle · null

Nicomède

Théâtre Français ThéâtreClassicisme
Famille

Nicomède (1651) met en scène le prince Nicomède, héritier légitime du royaume de Bithynie, victime des intrigues de sa belle-mère Arsinoé qui cherche par tous les moyens à écarter ce fils du premier lit pour favoriser l'accession au trône de son propre fils, dans un contexte de rivalité géopolitique où Rome, puissance tutélaire dont dépend le petit royaume, cherche également à maintenir son influence et son contrôle sur la succession dynastique bithynienne. Nicomède, personnage d'une assurance et d'une ironie souveraine face à l'adversité qui tranche avec le pathétique habituel des héros tragiques cornéliens, déjoue avec un aplomb quasi comique les manigances de sa belle-mère et les pressions diplomatiques romaines, refusant obstinément de plier devant l'autorité de Rome au nom de son droit légitime à la succession, dans une pièce qui emprunte autant à la tragédie politique qu'à un ton plus ironique et détaché proche par moments de la comédie héroïque. Corneille y développe une réflexion politique sur l'indépendance nationale face à une puissance impériale hégémonique, à travers ce petit royaume bithynien contraint de composer avec la tutelle romaine tout en défendant farouchement son autonomie politique et dynastique, thème qui résonne avec les préoccupations diplomatiques de la France du milieu du XVIIe siècle. Par le ton plus assuré et ironique de son héros éponyme, inhabituel dans le registre tragique classique, Nicomède offre une variation originale sur les grands thèmes politiques chers à Corneille. Fait rare dans le répertoire tragique cornélien, la pièce s'achève sur un dénouement heureux et sans effusion de sang, Nicomède triomphant finalement de tous ses adversaires sans qu'aucun personnage principal n'y laisse la vie, résolution optimiste qui tranche avec la noirceur habituelle du genre tragique classique. Créée avec succès en 1651, la pièce reste aujourd'hui l'une des tragédies cornéliennes les moins jouées malgré la vigueur de son écriture.