Bromélia. Famille des Broméliacees.
C’est une plante herbacée, basse et vivace. Sa tige courte, et de la grosseur du doigt, s’élève gracieusement au milieu d’une gerbe de feuilles d’un vert glauque, allongées en glaive, pliées en gouttières, dont les bords finement dentelés sont dans quelques espèces armées d’épines aiguës. Le sommet de l’ananas est couronné d’une rose de feuilles plus courtes de couleur de cerise, et d’un épi serré de fleurs violacées, auxquelles succèdent des baies symétriquement arrangées, si pressées qu’elles semblent ne faire qu’un seul fruit en forme de pommes de pin. Ce fruit, d’un jaune doré, est, surtout dans les régions équatoriales, le meilleur de tous les fruits connus. Son goût participe à la fois de celui de la fraise, de la pêche, et de la pomme de reinette.
L’ananas, qu’on a cru long-temps d’origine indienne, n’a été propagé qu’au dix-septième siècle dans l’Indoustan, d’où on l’a apporté en France. On le cultive chez nous avec succès dans les serres chaudes, sur une couche de feuilles de chêne et de châtaignier de dix à quatorze décimètres de haut, que l’on arrose modérement.
On distingue plusieurs variétés d’ananas.
L’ananas des bois, remarquable par ses vives couleurs et sa forme pyramidale; son fruit est acide, et fait saigner les gencives, si l’on en fait usage sans employer le vin et le sucre comme correctifs.
L’ananas pomme de reinette, qui n’a pas les inconvénients du précédent, et est supérieur à tous les autres par la qualité de ses fruits.
L’ananas pain de sucre ou pyramidal.
L’ananas faible, espèce non épineuse. L’ananas à fruit noir, à fruit blanc, à fruit rouge, à gros fruit violet, à feuilles panachées.
La couronne de feuilles colorées qui surmonte les baies des ananas sert à les reproduire ; cette partie, arrachée et mise en terre, produit une plante nouvelle; les ananas se multiplient également de drageons.
( Voir la page 11 à gauche et différents groupes de fruits disséminés dans l’ouvrage.)