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Classiquesen Ligne

Arundo Bambou. Famille des Graminées.

Les espèces du genre bambou sont peu nombreuses; mais toutes offrent de gigantesques végétaux, que l’homme a su utiliser.

Le bambou proprement dit atteint la hauteur de quatre-vingts à cent pieds. Le feuillage épais que supportent ses branches latérales présente un abri impénétrable aux rayons du soleil.

Le bambou croît ordinairement sur le bord des eaux, ses rameaux inclinés offrent dans leurs balancements un aspect gracieux et mélancolique.

Les racines du bambou poussent plusieurs tiges ligneuses, cannelées, divisées en compartiments par des nœuds très-durs, qui forment des vases naturels assez résistants pour qu’on puisse y faire bouillir des liquides.

De ces nœuds partent des rejetons armés à l’extérieur de quelques épines oblongues. Ils contiennent une moelle spongieuse, que les indigènes sucent avec plaisir, et dont ils tirent une liqueur nommée achar. Il découle de leurs nœuds une sorte de gomme très-fluide, qui, avant d’être coagulée en larmes, fournit un breuvage agréable au voyageur altéré. Cette gomme tenait lieu de sucre, avant la culture de la canne.

Les jeunes pousses des bambous se mangent comme des asperges.

On fait avec les chaumes des bambous des meubles, des cases, des charpentes, des palanquins, des pirogues, des cannes, des tiges d’ombrelle, des échelles qui réunissent la légèreté à la solidité. La pellicule qui entoure le bois de bambou sert aux Chinois à fabriquer des paniers et des ustensiles de ménage; ils écrivaient autrefois sur des tablettes de bambou, passées au feu et soigneusement polies, mais couvertes de leur écorce. Le papier ordinaire de la Chine se tire de la seconde écorce du bambou réduite en pâte, ou des rejetons de la même plante soumis à une longue trituration.

Les feuilles de bambou sont un excellent fourrage.

Le voisinage du bambou n’est pas toujours sans danger, les scorpions, les araignées-crabes, les scolopendres et autres insectes pernicieux, attirés par l’humidité qui avoisine les tiges du bambou fixent à ses pieds leur séjour. Une espèce de couleuvre verte semble surtout l’affectionner plus particulièrement.