Musa paradisiaca. Famille des Musacées.
Merveilleuse dans tout ce qu’elle a fait pour l’homme, la Providence a doté le climat des tropiques du végétal le plus précieux. Le bananier, qui est pour l’Indien la manne du désert, est une herbe gigantesque, d’un port élégant, il croît spontanément en Afrique et dans les deux Indes. La tige du bananier, assez consistante pour ne pouvoir être coupée avec un couteau, n’est formée que par la réunion des bases des pétioles; elle a douze à quinze pieds de haut, et porte un faisceau de huit à treize feuilles satinées, d’un beau vert, larges de plus de dix-huit pouces, et longues de dix à douze pieds. Le moindre vent divise et déchire ses feuilles en lanières dans le sens de leurs nervures transversales, et le bruit produit par le froissement de leurs lambeaux est exactement semblable, au murmure lointain des flots.
Du milieu des feuilles, sort une hampe terminée par un gros bourgeon, violet en dehors, d’un jaune rougeâtre en dedans, dont les écailles recouvrent des groupes de fleurs. Ces écailles se rabattent, se replient et tombent successivement, laissant à découvert les fleurs, qui, bientôt fécondées, produisent des grappes ou régimes de fruits triangulaires, jaunâtres, et longs de six à huit pouces. Ce sont les bananes; leur chair savoureuse et sucrée se mange crue, en compote, en beignet, ou cuite sous la cendre. On en extrait une liqueur assez agréable.
Le bananier-figuier, variété du précédent, produit des fruits à pulpe fondante, qui figurent sur les tables des plus riches colons, tandis que généralement les bananes de la première espèce sont abandonnées aux pauvres et aux nègres.