Scène XII
C’est encore moi ! Je viens voir si vous êtes moins occupé pour ma jaquette…
Comment donc, madame, entrez donc !… (À Aubin.) Si je suis couturier moi, ah ! bien !
Tiens ! il est aimable ! (À Aubin.) Vous permettez, monsieur ?
Faites donc… madame.
Vous voyez, ce corsage me va très mal, il plisse.
Ah ! Oui !… oui, il plisse énormément.
C’est beaucoup trop large… C’est sans doute vous qui l’avez coupé… Il faudrait que vous me le recoupiez.
Moi ?…
Oui, et tout de suite parce que c’est pressé.
Ah ! il faut que je coupe…
Eh ! bien, oui, Qu’est-ce qui vous arrête ?
Moi ? Ah ! rien du tout… Ah ! vous voulez que je coupe… attendez. (Il va prendre les ciseaux et commence à tailler la jaquette.) Qu’est-ce que je vais faire, mon Dieu !
Ah ! mon Dieu ! qu’allez-vous faire ?
Oui ! c’est précisément ce que je… Mais c’est vous qui voulez que je coupe ?…
Non… Vous avez vu ce qu’il y a à faire, vous l’enverrez prendre. (Elle remonte puis descend.) Ah ! seulement, je ne demeure plus où j’habitais.
Ah ! bon.
Non, je demeure un étage au-dessus… Au revoir, messieurs !
Merci du renseignement.
Non, mais a-t-il l’air assez ahuri !… (Se levant, à Moulineaux.) Vous savez ce qu’on m’a dit pour vous ?… Vous devriez prendre des douches.
Moi ! qui est-ce qui a dit ça ?
Moulineaux !
Moulineaux !
Oui, le docteur Moulineaux que je quitte à l’instant.
Ah ! vous le quittez ?… (Après un instant.) Vous êtes malade, vous !
Pourquoi ? parce que j’ai vu le médecin, ce n’est pas une raison, ça… Je l’ai rencontré par hasard.
Ah ! bien, j’en ai entendu de fortes… mais comme ça, jamais.