Scène VI
Oh ! Machin est l’amant de la femme du docteur !…
Tu es un ange !
Alors vous serez bien raisonnable, et vous ne ferez plus comme l’autre nuit… Au lieu de la passer ici, gentiment… où avez-vous été ? Oh ! nous nous expliquerons à ce sujet !
Oh !
Tu n’auras jamais plus rien à me reprocher.
Oh ! je vous reproche d’être un mauvais mari, de ne pas bien aimer votre femme.
C’est toi qui n’aimes pas ton mari !…
Ah ! ça, c’est nouveau, par exemple. (Haut.) Hum ! C’est moi… j’arrive, je n’ai rien entendu…
Lui !… Sapristi !… il va tout gâter !… (Haut.) Euh ! je vous présente madame Moulineaux.
Oui, oui, je sais… j’ai bien vu !… (Il rit en saluant.) Ah ! ah ! mon gaillard ! mes compliments.
Qu’est-ce qu’il a ?…
Et comment ça va, à part ça ?… Vous êtes-vous occupé de nous ?
Oui, oui, certainement. (À part.) Je sens la bombe, je sens la bombe !
Vous avez commencé la robe de ma femme ?
Hein ! oui… parlons d’autre chose : avez-vous été à la Chambre, aujourd’hui ?
Quelle robe, mon ami ?
Rien, une robe de chambre… C’est-à-dire, non… une robe que j’ai commandée pour sa femme, une robe de santé.
De santé ?
Oui, une robe homéopathique… avec de l’électricité dedans… C’est encore de la science… (À part.) Oh ! si je pouvais le faire entrer sous terre.
Oh ! cela me paraît louche !
Mais non, tu ne vas pas encore te mettre des idées dans la tête ?…
Il la tutoie devant moi ! il n’a aucun tact.
Ne sois donc pas soupçonneuse !… aie toujours confiance en moi… Qu’il te suffise de savoir que je n’aime et n’aimerai jamais que toi !
Oh !